suite journal Grandclaude 5
Témoignages > Journal de marche de Paul Coustillière
Suite du journal de Lucien Grandclaude - avril 1945
1er avril 1945
L’escadron fait ses Pâques soit à l’église, soit en ligne grâce au maréchal des logis Deal. Le lieutenant Ducos est nommé chevalier de la Légion d’Honneur. D’Argy est cité à l’ordre de l’armée.
2 avril 1945
L’ordre n°13 prévoit le départ de l’escadron pour 17h30, mais les unités qui doivent nous relever ne sont pas là et ce n’est qu’à 19h30 que nous quitterons la garde au Rhin. Nous passons la Lauter à 21h12 et la nuit tombe quand nos A.M. roulent en Allemagne. Marche de nuit tous feux éteints.
A Rulzheim nous faisons les pleins d’essence, nos M8 partiront avec le 1 er escadron pour passer le Rhin. L’escadron ira dormir à Freimersheim. Départ 24h.
Le chef Peyrouse sous-officier adjoint avril 1945
3 avril 1945
Le voyage s’effectue sans cartes de nuit, sans itinéraire fléché et ce n’est qu’à 3h. ½ que nous arrivons à destination.
Heureusement le cantonnement est vite fait. Un civil est réquisitionné, il frappe aux portes qui s’ouvrent rapidement. Nos spahis se logent dans les maisons, les véhicules dans les cours. Bon accueil des habitants qui n’ont jamais aimé Hitler, qui détestent les SS et considèrent que les Français sont ce qu’il y a de meilleur au monde.
A 15h % n° 15 nous nous remettons en route à travers une campagne fleurie et très bien travaillée pour Gemsheim – Halfslosh – Mechenheim – Mutterstadt – Ludwigshaffen.
Dès l’abord de cette ville ou plutôt des ruines qui en restent le train se ralentit tellement la circulation est intense. Ce n’est qu’à 18h 8 que le Fanion traversera le Rhin sur un pont de bateaux. Regroupement à Manheim qui a aussi souffert du bombardement et semble déserté.
Arrivée à Neulussheim à 20h. Le cantonnement est aussi rapide que la veille.
4 avril 1945
Nous ne pouvons exécuter l’ordre n°36 qu’à 9h30 car, devant nous, doivent passer des TD, des GUMS et des camions de toute sortes qui ont l’air d’impressionner les civils.
A Wiesenthal la route est coupée et nous devront passer par Bruchsal pour rejoindre Neuthard à 14h. Cantonnement exécuté dans les mêmes conditions que les précédents. Comme nous n’avons pas été ravitaillés depuis 3 jours nous achetons une fournée de pain à la boulangerie et du cochon fumé (il y en a beaucoup dans le pays) qui sont immédiatement distribués. L’après-midi le maire nous fournit 50 poulet et 50 lapins qui amélioreront eux aussi l’ordinaire. Les pelotons font des exercices radio pour mettre tous les postes au point.
à Bruchsal
5 avril 1945
Tous les hommes du village sont convoqués avec des outils pour le rétablissement des deux ponts coupés à proximité du village.10 avril 1945
Les 1er et 2ème pelotons fournissent de nuit des patrouilles de police (1 A.M. et 2 Jeeps) qui vont jusqu’à Neudorf.
Les A.M. prennent part à 10h à une prise d’armes à Karlsdorf où sont remises des décorations. Les maréchaux des logis Sarthou et de Breuvand sont nommés chefs et Forzy, maréchal des logis.
11 avril 1945
Le capitaine est nommé au grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur.
Le maréchal des logis Joannet, les brigadiers Meandre et de Quatre Barbes ainsi que les spahis Coabon, Guilloux, Martinez, Raphael sont cités à l’ordre de l’armée à titre posthume.
Un spahi tué à l’EHR.
13 avril 1945
Le 1er peloton fournit une patrouille de police l’après-midi et la nuit dans le secteur de surveillance de l’escadron.
Le 2ème et 3ème peloton, eux tourneront dans Bruchsal la nuit.
14 avril 1945
A 15h l’escadron fait mouvement sur Ersingen par Untergrumbach – Weingarten – Johlingen – Wossingen – Bilfingen % n° …. Arrivée sans encombre à 16 heures.
15 avril 1945
Le sous lieutenant Panel avec deux A.M. et une Jeep, patrouille sur l’itinéraire Sprantal – Bretten – Bruchsal – Karlsdorf – Graben – Spoch – Untergrum – Bach – Weincarten – Sollingen – Wossingen – Konigsbach % n° 139.
17 avril 1945
Le 1er et 2ème escadrons sont groupés sous les ordres du commandant de Dompsure % n°142.
Nous nous mettons en route à 4 heure pour Otisheim par Bilfingen – Stein – Gobrichen – Durrn.
Voyage de nuit par des itinéraires difficiles et arrivée à 5h30. Nous sommes en réserve de la 3 ème DIA
A 18h30 un message radio arrive, nous envoie au Nord de Pforzheim en réserve du 4e RTT. La liaison est prise avec son P.C. et le 1er peloton est envoyé à Birkenfeld pour s’y installer si l’ennemi n’y est pas. Il y passera la nuit.
18 avril 1945
Le 1 er escadron est engagé
avec le commandant Dompsure pour nettoyer la ville de Pforzheim de l’autre coté
de l’Emz dans les bois au Nord, et baroude toute la matinée pendant que le 1er peloton reçoit et exécute la mission de rechercher un pont dans la
région sud. Vers midi il passera Neuenberg traversera l’Emz et ira prendre liaison
avec un détachement de Tabors à Grumbach 12h 20. Il monte son affaire en direction
de Buchenbronn avec eux et reçoit l’ordre de revenir car nous devons rejoindre
le régiment 14h
Mais le général Guillaume
passe au P.C . du chef de bataillon du 4 ème RTT à coté duquel s’est installé
le P.C. Il veut en finir avec Pforzheim ce soir et donne l’ordre de repartir. Le
capitaine part prévenir Demerson et le suit. Les goums ne sont plus là.
Panel ira aider le 1er peloton et Breuil s’installera à Birkenfield
pour éviter des infiltrations 16h35.
Buchenbronn est
atteint à 17h40 et la progression continue. Demerson par le Sud-Ouest, Panel
par le Sud, les faubourgs de la ville sont atteints et protégés par des
patrouilles à pied.
Nos A.M. progressent dans
les rues 18h. Panel au carrefour de la tour fait sa jonction avec des tirailleurs
et des goums et c’est la nuit que le nettoyage de la ville sera terminé.
Le capitaine rameute
ses pelotons et les amène sur Houfen. L’adjoint rassemblera le reste de l’escadron
et de nuit rejoindra à 3 heures du matin.
Pforzheim 1945 18h30 « Touring Hotel Industrie l’union »
19 avril 1945
Sur ordre verbal du commandant de Dompsure, l’escadron se porte au lever du jour à Ebersherdt par Calmbach – Neuwieler – Martinsmoos – Warth. Arrivée à 11h30.
A 12h l’ordre n°37 arrive et nous reprenons la progression par Mundersbach – Oberlettingen – Herrenberg qui a été libéré ce matin. Le peloton Breuil prend l’axe. Il est arrêté par des abatis à 15h20. On les enlève aidé par un Half-trak du génie. La marche reprend à 16h 10 sur Hildrizhausen atteint à 16h30 et vide. Le capitaine pousse son peloton de tête sur Altdorf puis Holzgerlingen où nous faisons 4 prisonniers qui semblent être des abandonnés. On a l’impression qu’il n’y a rien devant et le capitaine veut atteindre Schönaich le plus rapidement possible. Les autres pelotons sont appelés par motocyclistes car nous n’avons plus la liaison radio avec eux.Breuil atteint Schönaich et le traverse presque. Le P.C. arrive au village et c’est à ce moment précis que Breuil annonce qu’il est tiré de toute part par des tireurs isolés et des panzerfausts. Son soutien est en train de nettoyer le centre du village et sort des prisonniers de toutes les maisons. Mais Breuil qui a déjà reçu deux coups de bazooka demande du renfort.
Le capitaine allant voir seul dans sa voiture qui prend feu, est tué 17h30. Le maréchal des logis d’Astorg est blessé ainsi qu’Andrieux qui en moto essayait de prendre liaison avec le 3 ème peloton. Une patrouille à pied essaie par l’extérieur du village de reconnaître le Tigre que Breuil a signalé. L’adjudant Lallemand est tué. Heureusement Panel arrive. Il installe son 57 au carrefour pour prévenir toute arrivée de ce Tigre que des renseignements de civils nous confirment et pousse ses A.M. pour dégager Breuil. Son travail est utile puisque l’A.M. Gangloff peut se replier, mais l’A.M. du sous-lieutenant prend feu et il est obligé de se replier à pied. Le brigadier Dauffard est tué pendant cette manœuvre et Martiner Roland blessé.
Les boches sortant de tous les cotés dans le village. 100 prisonniers sont faits et emmenés avec un camion de récupération.
La nuit tombe on ne pourra s’installer dans le village pour la nuit. Le 1er peloton reçoit l’ordre de faire demi tour pour s’installer à Holzgerlingen afin de recevoir l’escadron qui se repliera sur Altdorf. Le repli est terminé à 22 heures et nous sommes en point d’appui cerclé.
Avril 1945 la 3e Jeep du commandant de l’escadron - les 2
premières ayant sautée
20 avril 1945
L’escadron se remet de ses épreuves de la veille où le commandant de Dompsure ramène du P.C. l’ordre de se porter à Schaidorf où se trouvait le 4ème escadron. Les bouchons ne sont pas encore installés qu’un message radio donne l’ordre de rejoindre Waldenburh 15h où l’escadron reçoit mission de reconnaître l’axe Plattenhardt – Bernhausen – Plieningen.L’entrée à Waldenberg est saluée par quelques coups de 88 mais la progression sur Pattenhardt sera une promenade, cette localité étant déjà reconnue par le peloton Colas du 1 er REC
La progression continue sur Bernhausen. L’A.M. de tête essuie deux coups de Panzerfaust, se replie et le peloton ouvre le feu sur le village et ses abords. Des éléments de la Légion arrivent eux aussi par Untersiemilgen et tout le monde pénétrera dans le village abandonné où les habitants s’affairent à éteindre les incendies que nous avons allumés.
Des chars et des Half-trak du CC6 nous dépassent sur notre axe. Le 1er peloton est envoyé en direction de Echterdingen pour aider le 3ème escadron arrêté sur son axe. L’A.M. Peyrouse avance prudemment mais ne peut éviter un coup de panzerfaust à 50 m qui blesse les 4 membres de l’équipage maréchal des logis Peyrouse, Cherot, Celli, Gourp et y met le feu. Demerson récupère ses blessés et comme la nuit tombe reçoit l’ordre de rejoindre Bernhausen 23h45 où arrive l’ordre de se rendre à Wolfschlugen. Voyage de nuit arrivée 0h30.
21 avril 1945
En exécution de l’ordre n°38 le peloton Panel est découplé sur Oberunsingen qui est libre 7h45 mais où les habitants signalent 3 chars boches qui se sont repliés sur Ursingen. Le pont est barré mais intact. Une jeep ayant été envoyée à Bernhausen rechercher un spahi oublié hier soir revient signalant Unter Sielmingen repris par les boches. A la suite de ce renseignement l’escadron est rassemblé et assurera la défense de Wolfschlingen face au Sud-Est 2ème peloton, à l’Est le 3ème peloton et au Nord le 4ème peloton.
L’ennemi est un ennemi en déroute dont les bandes cherchent à se frayer un passage nous coupant de nos arrières et se cerclant dans les villages inoccupés où il rentre. Ce n’est pas grave et à 14 heures le 2ème peloton reçoit l’ordre de reprendre sa mission initiale. Il retourne à Unterunsingen où il apprend que les boches ont fait sauter le pont. Il s’en assure par une patrouille à pied conduite par un ex-prisonnier français qui est blessé par le tir de mortier essuyé. Ce dernier est occupé et la patrouille ne fera que tirer avec succès sur les patrouilles boches armées de panzerfausts 15h30.
Le 2ème peloton et l’escadron sont rassemblés à Wolfshlingen 18h et se préparent à faire mouvement à 19h18 malgré la pluie et la nuit qui tombent. Ils démarreront à 20h sur Grotzingen - Aich – Neckartailfingen où ils cantonneront la nuit et la matinée du ….
22 avril 1945
L’ordre n°30 arrive à 12 heures et en exécution l’escadron moins l’échelon qui finit quelques bricoles s’ébranle sur Rottweil par Tubingen – Wurmlingen – Seebronn – Ergenzingen – Bildechingen – Horb – Neunthausen – Beffendorf – Oberndorff. A Rottweil nous retrouvons le Brigadier Chef de Joussineau en traitement à l’hôpital et recevons l’ordre verbal de continuer sur Tuttlingen. La route directe est coupée et l’on doit faire un détour par Lauffen – Aixheim.
Arrivée à Tuttlingen à la nuit. L’escadron reçoit l’ordre de se porter à Mohringen pour y passer la nuit et tenir le pont de chemin de fer intact sur le Danube. Les ponts de la route sont coupés et le cantonnement se fera dans le hameau au Sud du Danube à hauteur du 1er pont.
1945 ma VL et 2 véhicules en pannes 1h avant d'être poissé
et touché
23 avril 1945
Dès le lever du jour % radio l’escadron moins le peloton Breuil qui continuera à assurer la mission rejoint Hattingen où il partage le cantonnement avec le 4 ème escadron. L’échelon n’a toujours pas rejoint. Une de ses jeeps arrive dans la journée annonçant qu’au cours du voyage sur la route de Rotenburg il a été attaqué, s’est courageusement défendu mais l’aspirant COUSTILLIERE est blessé ainsi que le spahi Blanc et il a du abandonner l’opel du chef de peloton et le camion popote qui voyageai de concert. Le spahi Abid a disparu.
Vers 16h des tirailleurs blessés reviennent à pied en annonçant qu’ils ont été attaqués sur la route de Manheim. L’éclairage et le M8 de Demerson sont envoyés pour les dégager et arroseront les bois et le village où ils mettront le feu à quelques maisons.
24 avril 1945
L’ordre n°41 arrive à 8 heures mais l’essence ne viendra qu’à 20h. Les pleins sont faits et par Emlingen et Leptingen l’escadron se rend à Stockach où il arrive à minuit pour cantonner.
25 avril 1945
% radio dirigeant au lever du jour l’escadron sur Owingen, où se trouve le P.C., par Winter – Spuren et Malspuren. Arrivée 8 heures. L’échelon rejoint, Abid a été relâche par les allemands et est présent. L’adjudant-chef Formell prend son commandement.
La mission du régiment est de prendre Uberlingen. Le 3ème escadron attaque le long du Lac de Constance le 1 er par le Nord et le notre par les axes Owingen – Uberlingen (peloton Panel) et Owingen – Bambergen – Andelshoffen (peloton Demerson). Le 3ème peloton reste à Owingen.
A 8h40 le 2ème peloton prend contact avec des éléments légers sur lesquels il tire et qui s’enfuient. Sa progression sera prudente en vue d’atteindre l’observatoire en 462. Il exécute des tirs au mortier sur les bois 8h57 et les fait fouiller 10h55. Il progressera ensuite, n’ayant pas de vue jusqu’à hauteur du petit lac 11h11 et stoppe en attendant des ordres. Les chefs de Pelton viennent les chercher au P.C. après que le 2ème peloton ait pris la liaison avec le 1er escadron 13h27. Les deux pelotons impatients depuis le matin se mettent en route.
Demerson reconnaît Bambergen libre et les lisières ouest d’Handelshofen pendant que Panel fouille les maisons.
Des renseignements d’habitants signalent des SS dans les bois mais des préparatifs de départ à Uberlingen 17h55. Les 2 pelotons travaillent en liaison à vue et radio. Ils se neutralisent mutuellement les points suspects où des panzerfaust pourraient les attendre et ce n’est qu’à 18h10 qu’ils se heurteront à une barricade défendant l’entrée de la ville.
Des prisonniers sont faits, 3 puis 2 qui aideront à dégager la route et permettront de rejoindre et d’aider le 3ème escadron au nettoyage d’Uberlingen où celui-ci est entré à 18h25.
Nombreux prisonniers, accueil enthousiaste de la population qui avait craint que les boches se défendent plus et parmi lesquels se trouvent de nombreux exilés français, serbes et polonais etc ...
Le 1er peloton continue sa progression sur Nussdorf où il fait un officier SS prisonnier, pendant que Breuil découplé à Andelshofen fouille les bois séparant ces deux villages.
Paul dans un appartement
occupé à Weiler sur la frontière
autrichienne avant de quitter lr front suite à ses blessures
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