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Témoignages > Journal de marche de Paul Coustillière
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Suite du journal de Lucien Grandclaude - octobre/novembre 1944
14 octobre 1944
 
L'infanterie doit attaquer Rochesson par le Sud. Les 3éme et 2éme escadron aideront cette manœuvre par l’Ouest (% n°2)
Le peloton Ducos enverra ses reconnaissances sur Menaurupt par la route parallèle et au Nord de la route de Cens-La-Ville, des Polonais F.F.I. l’aideront (% n°30).
Le peloton Demerson (% n°91) reconnaîtra Cens-La-Ville, qu'il dépasse et le pont de Scier. Le peloton avance sans encombre derrière son éclairage. Ce n'est que quand il se sera engagé, presque au complet, qu'un tir de mortiers ennemis se déclenchera, assez précis pour atteindre la jeep de l'aspirant COUSTILLIERE qui est blessé à la main droite, au bras et à la cheville. Son conducteur Cherot est blessé au pied et 2 aumôniers qui suivaient les F.F.I. reçoivent des éclats (10h30).
Le peloton s'ébroue, les blessés sont évacués, la mission continue. Le pont est libre, mais la route est minée. 500 m plus loin la progression est momentanément arrêtée, elle reprendrait s’il n'y avait ces tirs précis de "Minen" dès qu'on sort le nez de l'angle mort dans lequel le peloton s'est réfugié.
11h15 même dans son abri, il est ennuyé - 12h20 message de 13h50, Il n'en donne pas moins les renseignements qu'il recueille : ferme de Scier évacuée, fusillade à 300 m à l’Est (14h50). Mais les tirs se font de plus en plus violents, les F.F.I. flottent un peu, ils ont eu encore des blessés. A 20h20 le peloton est ramené sur ses positions de la veille.
Le 3ème peloton, lui a progressé plus avant et a aussi fait du bon travail. Dés qu’il a des vues à hauteur de Cens-La-Ville, il repère des mortiers ennemis à la côte 660 et ouvre le feu sur eux 11h15. Une demi-heure plus tard le contact est pris au virage 200 m Sud de la cote 753. Un Polonais est tué, plusieurs sont blessés. Malgré ça le cran ne diminue pas et à 12h50 la résistance étant tombée, la progression reprend. 5 prisonniers ont été faits par les patrouilles à pied pendant l’arrêt. Ils sont descendus avec le mort.
Le peloton est de nouveau arrêté 600 m plus loin par « armes automatiques et bazooka » 13h20. Ducos essaie avec des gens à pied, ne pouvant sortir de la route avec ses A.M. ou ses jeeps, de manoeuvrer. Au bout d’une heure 14h25 il demande du renfort étant très en flèche et attaqué de tous cotés. Le capitaine pense qu’avec une compagnie d’infanterie appuyée par le peloton, la progression reprendrait et même jusqu’à Menaurupt. Malheureusement aucun renfort d’infanterie ne peut être donné. La fusillade se calme. Ducos peut même tirer sur les fermes se trouvant devant Demerson. Des boches en sortent agitant des mouchoirs blancs et remontant la côte pour venir se rendre. Le capitaine pousse des F.F.I. derrière eux pour ratisser le terrain et aider Ducos quand ils l’auront rejoint. 8 prisonniers sont faits mais l’opération a été trop longue. La nuit tombe et Ducos devra s’installer en point d’appui cerclé 18h26.
Pendant l’installation un tir nourri de mortiers encadre le peloton 18h40. Le peloton bien en vue est repéré. Sa situation n’est plus tenable. Les tirs continuent. Ordre lui est donné de se replier 20h30. Les chefs de voiture sautent à terre pour guider les véhicules. Impossible de faire demi-tour. Les Minen tombent, le brigadier Robert chef de la voiture de pointe est blessé, Agnes, le tireur en voulant lui porter secours est tué et s’affaisse dans sa tourelle. Une fausse manoeuvre fait ébouler le mur de soutènement de la route et la voiture se trouve en équilibre sur les ponts, deux roues dans le vide au-dessus du ravin. Elle est abandonnée, deux Minen tombent sur l’A.M. Ganglof, faussant le canon. Des F.F.I. sont blessés plus ou moins grièvement. Tout s’en mêle, le char M8 ne peut démarrer, sa batterie étant à plat. En attendant que Solere le répare, le peloton se prépare pour passer la nuit. Il est dans une courbe de la route, abrité des vues par les bois. Il n’est pas à l’abri des coups 20h50. Les blessés sont descendus et emplissent trois pièces de la maison voisine du P.C. transformée rapidement en infirmerie. Il fait nuit noire, l’évacuation sera difficile sans phare sur la route défoncée de Le Jole.
Pendant que la liaison est prise par l’adjoint avec le commandant, le calme se rétablit et l’échelon remet le char en route. Le Dauphin ramène l’ordre de faire rentrer Ducos. Il va lui porter. Ducos préférera passer la nuit et ne faire redescendre ses véhicules qu’avant le jour, le peloton se maintenant à pied pour garder l’A.M. en attendant le Wrecker qui est commandé (15-10-1445).

15 octobre 1944
De bon matin, les boches remettent ça. Ducos n’a pas encore terminé la descente de tous ses véhicules. Au contraire son char, lui aussi a fait écrouler la route et se trouve dans une situation critique sur le bord du ravin. L’attaque semble sérieuse : mortier, armes automatiques s’en mêlent. Les F.F.I. se sont repliés un peu tôt semble-t-il. Martinez Emile est blessé à la tête et sa vue, couvert de sang, secoue un peu le peloton ébranlé.
Pendant que le père Deal célèbre la messe dans la grange du P.C. la situation reste un peu confuse. Des ordres arrivent disant de laisser Ducos en place, des tirs de harcèlement devant être exécutés devant lui afin de passer au moins le char. Puis après compte rendu de la situation, ordre de repli sur Sapois en neutralisant les véhicules. Le peloton Demerson est poussé sur l’axe Ducos à pied, pour recueillir le 2ème peloton au besoin. Panel lui est envoyé sur Cens-La-Ville pour parer toute éventualité. Les tirs d’artillerie se déclanchent 8h40 et tout doucement la tension diminue. L’installation défensive s’organise. Ducos S’installe sur son axe. Panel reste à Cens-La-Ville. Demerson défend le Sud du secteur en se portant sur les pentes de 552. La liaison est prise avec les F.F.I. de 750, et, à 9h50 toutes les manifestations de l’ennemi sont terminées et ordre n°66 est exécuté.
Le commandant Segonzag prend le commandement du sous-groupement. Des patrouilles prendront liaison au Nord de 750 avec le 4ème escadron pendant que le lieutenant Grandclaude la prend directement au P.C. du commandant de la Chauvelais. L’après midi sera employée à perfectionner notre système de postes. Des F.F.I. sont redescendus à mi-pente de 750. Le lieutenant Panel pousse un poste à la Corne des Senets % n°93. L’échelon complètera lui aussi, maintenant qu’il est installé dans le village, l’aile droite % n°96 avec des Polonais en réserve à la filature, qui patrouillent la nuit.
Une patrouille boche nous tâte à Cens-La-Ville à 16 heures. Puis la nuit tombe avec la pluie pendant une vive fusillade du côté du 3ème escadron.

16 octobre 1944
Tir de harcèlement cette nuit qui reprendront dans la journée. Le commandant d’Audibert a relevé cette nuit le capitaine Martin. L’aménagement des postes se poursuit. Une patrouille cherchant des renseignements sur le char et l’A.M. est arrêtée au char par des coups d’armes automatiques mais le char est intact 13h55. La liaison à Dramont avec le lieutenant de Gastines est prise.
Le service auto vient en la personne du capitaine Wattier reconnaître le char en vue de sa récupération. Des mortiers l’arrêtent à mi-pente, le recovery ne nous sera pas envoyé ...

17 octobre 1944
L’opération d’infanterie prévue le 15 n’ayant pas réussi on remet ça aujourd’hui plus prudemment. Des dragons sont envoyés à pied en liaison avec une patrouille blindée du 1er peloton sur l’axe Cens-La-Ville. Dès le déboucher de l’angle mort les mortiers tombent. Inutile d’insister, d’autant plus que les fantassins n’ont pas pu sortir des bois de la côte 900. Tout le monde rentre à 15 heures, sauf .... le capitaine qui veut ramener le char en se passant des moyens organiques ...
Le lieutenant de Fagayrac du 2e Chasseurs qui était avec son peloton de Shermann venu nous renforcer, accompagne un de ses chars, une équipe de l’échelon, le capitaine et Ducos jusqu’à notre M8. Un câble est accroché, on tire, le M8 vient mais déchenille sur la route. Un pas est fait, mais cette agitation est repérée et .... les mortiers se remettent à tomber. Le lieutenant Falgayrac reçoit un éclat dans le bras et tout le monde redescend. A la tombée de la nuit, le 4ème escadron nous signale 3 chars ennemis s’approchant de nous. L’alerte est donnée pour les recevoir comme il faut, rien ne se passera, la pluie tombe.
Le lieutenant Ducos est cité à l’ordre du C.A. pour l’affaire de Vosne-Romanée.

18 octobre 1944
Temps affreux. Le capitaine en profite pour remonter avec le chef Lallemand et une patrouille à « son » char.
Il réussit à le décheniller complètement et même à lui remonter un coté, pour l’autre, il faut un tracteur.
Tire de harcèlement pour poivrer le déjeuner. Un nouveau char est signalé à la tombée de la nuit.

19 octobre 1944
Réveil du P.C. en fanfare par l’explosion de 105 autour de l’Half Track. Le capitaine de Buttler remplace le commandant D’Audibert et prend les mêmes emplacements.
Nous touchons des galoches, elles sont bien accueillies car vraiment les godasses américaines ne sont pas pratiques par les temps de pluie. Sont-elles les signes avant coureurs d’un hiver à Sapois ? Peu souriant. L’ordre n°76 parait le confirmer (piquet de fils de fer de clôtures de champs).
Des jeunes gens de Gérardmer ont passé les lignes, ils nous donnent quelques renseignements intéressants. En particulier sur les chars qui s’approchent de nous, à la tombée de la nuit, nous avons des précisions. Ce sont des automoteurs qui nous arrosent la nuit et rentrent à Menaurupt au lever du jour. Une ferme d’où partent des fils téléphoniques nous est aussi signalée. Un Shermann à obus perforants explosifs en déloge les boches par les fenêtres. Un blessé F.F.I. et un prisonnier « volontaire ».
A la tombée de la nuit le M8 est redescendu avec l’aide d’un Sherman : le capitaine a réussi.
Le décès du brigadier Ben Mohamed à l’hôpital nous est annoncé.
 
20 octobre 1944
Tirs de harcèlement de 4 heures au lever du jour. Le temps se remet au beau. Protégé par une patrouille de chaque coté de la route avec un Sherman et un M8, le capitaine tente de ramener l’A.M. Mais les boches la gardent. Au cours de la manœuvre, le Sherman fait sauter une mine. Le chef de char est blessé aux jambes. L’explosion a déclenché un tir de 105 et d’armes individuelles, qui oblige nos gens à se replier.
Au retour, il manque le brigadier Fournier, les spahis Laville et Letitre. Peut être se sont ils égarés car le lieutenant de Falgayrac les a vus se replier à coté du char.

21 octobre 1944
Tirs de harcèlement cette nuit.
Malgré les recherches, nos trois disparus ne sont pas retrouvés. On essaiera encore ce matin sans succès, d’avoir des renseignements sur eux.

22 octobre 1944
Installation du téléphone. Reconnaissance de la piste de Crémanvillers à aménager comme itinéraire éventuel de repli des véhicules. Le sous-lieutenant Laisne en patrouille dans le bois de Senets a trouvé les cadavres de nos trois disparus au bord d’un trou d’obus. Comme l’A.M. est piégée et sûrement tenue : interdiction d’aller chercher les corps.

23 octobre 1944
Le capitaine Martin relève le capitaine de Buttler.

24 octobre 1944.
Toute la nuit harcèlement de quart d’heure en quart d’heure R.A.S.

25 octobre 1944
Les trois corps de nos camarades sont redescendus par deux jeunes civils. Ils sont dirigés sur Vagney où ils seront enterrés.

26 octobre 1944
En l’exécution de l’ordre N°15 nous modifions légèrement le dispositif. La patrouille volante de la mairie de Cens-La-Ville reste fixe, jour et nuit, le poste du bois des Senets est renforcé, quelques alignements sont opérés. Des patrouilles sont poussées en avant en direction de l’A.M. et de la scierie de Cens-La-Ville ne trouve rien devant elle. % III
 
27 octobre 1944
Patrouille en avant des lignes dans les mêmes conditions que la veille. Réfection par échelon et le P.H. de la piste de Crémanvillers.
 
28 octobre 1944.
Le P.C. est bien encadré cette nuit. Le dodge du 2ème peloton de l’autre côté de la route a les 6 roues crevées, un éclat dans le pont arrière, un autre dans la boite de vitesse et un dans le réservoir.
Le S.A. l’évacue.

29 octobre 1944
Journée calme, visite du colonel.

30 octobre 1944
Une patrouille est accrochée à hauteur de l’A.M. ou un poste ennemi semble installé. Tir d’armes automatiques et de mortiers.
Le capitaine est convoqué au P.C. du commandant Segonzac à 23h30 pour recevoir l’ordre particulier n°1.

31 octobre 1944
En coopération avec l’infanterie, le travail est le même que les 14 et 17 octobre. Du génie nous est adjoint pour le déminage de la route 7h05. C’est le peloton Panel qui est sur l’axe, il démarre à 8h30 passe Cens-La-Ville sans encombre mais est arrêté 200 m après Scier par des mines sur la route. Le génie n’est pas encore arrivé, courageusement le maréchal des logis Deu retirera trois mines RM 13 ouvrant ainsi le passage aux blindés. 9h38, mais il est interdit de dépasser le premier bon, 9h40 Panel envoie une patrouille reconnaître les fermes sur sa route. En l’accompagnant, il saute malencontreusement le ruisseau et se foule le coude. Il n’en abandonnera pas pour ça son peloton, surtout qu’à 10h00 une patrouille boche vient le sonder à la mitraillette. La mitrailleuse crache et la patrouille se retire. Elle rend compte puisqu’un quart d’heure après les Minen encadrent le peloton. Le tir est ajusté et le char après 4 pélots vraiment près est obligé de se replier sur Cens-La-Ville. L’éclairage le suit. Les tirs continuent même sur les lisières de Sapois. 12h20. Mais n’empêchent pas une patrouille de prendre la liaison avec les dragons vers 552 – 12h25.
Pendant ce temps l’éclairage de Ducos avec un peloton de Dragon sous les ordres du capitaine Buttler est reparti sur « la route de la mort ». A 8h45 il est à hauteur de la côte 753 et protège la progression des fantassins sur les lisières du bois de Seuchau. Pas de réaction ennemie mais les boches sont vus à Pont-levé. Un tir d’artillerie est demandé à 9h10 et encadre l’objectif. La progression ne sera pas reprise. Les tirailleurs ayant pris la côte 900 et ne pouvant aller plus loin toute la manœuvre est arrêtée et chacun rentre chez lui, 14h20 et se renferme dans son système défensif.
La patrouille de Cens-La-Ville même après plusieurs alternatives est ramenée, si bien que le maréchal des logis Daly allant lui porter des ordres en jeep saute sur les mines que le peloton a posées en travers de la route. Il a de la veine, fortement commotionné, il n’a qu’un éclat à l’arcade sourcilière. Palombe elle, est ramenée mais elle est morte.
1er novembre 1944
Tir de harcèlement dit le communiqué de la nuit.
Le Père Deal vient dire la messe.
L’adjudant Belin est muté à l’AHR, 2 engagés sont affectés à l’escadron.
 
2 novembre 1944
Le P.C. a été bien encadré cette nuit RAS
Des patrouilles de contact sont renvoyées – deux des spahis, deux des dragons de part et d’autre de la route de Menaurupt.
L’une d’elle commandée par le chef l’Allemand est durement accrochée. Un moment on la croit même disparue en entier. Dans le brouillard elle est arrivée à 3 0m des boches qui ont ouvert le feu sur elle. Le spahi Cabon est tué et un tir de mortier empêche d’aller le rechercher.
3 novembre 1944
Tirs de harcèlement se terminant par un obus en plein sur le PC L’adjoint se retrouve en caleçon et casque avec une éraflure au bras ce qui divertit fort le capitaine au milieu des plâtras.
Une grosse opération est montée sur Gérardmer % N°15 avec 6 bataillons d’infanterie et 400 pièces de canons. Dit –on.
Le fait est qu’à 8h30 l’atmosphère est ébranlée par une préparation d’artillerie sérieuse.
L’escadron avec le groupement Segonzag passe aux ordres du colonel Reaudot d’Arc.
Pendant qu’un escadron du 6me Chasseur et une section de Légion précédée de Génie progresse à la vitesse du déminage sur la route de Cens-La-Ville – Menaurupt, Ducos reprend son itinéraire favori appuyé des dragons de Buttler. Promenade et à 14h 35 le 3ème peloton est à hauteur de son A.M. abandonnée. Est-ce une plaisanterie ? Mais la « Pourfendeuse » est remplacée par un canon automoteur boche incendié. Les teutons ont sans doute enlisé l’automoteur en dépannant l’A.M. et l’ont rendu inutilisable.
La situation est confuse et comme nous ne devons qu’exploiter le succès nous avons peu de renseignements. Le détachement nord arrive aux lisières de Menaurupt et les gens à pied du bois de Seuchau 15h.
Si bien qu’à 15h 55 l’ordre de repli est envoyé.
L’opération a réussi puisqu’à 19h 15 on annonce Menaurupt et Vieux-Mont pris par la III/6e R.T.M.

4 novembre 1944
L’offensive continue dans certains secteurs et l’artillerie « donne » toute la nuit et toute la journée. L’escadron est toujours en réserve.

5 novembre 1944
L’escadron reçoit l’ordre de descendre au repos à Vagney. Après reconnaissance du lieutenant Ducos, l’autorisation de rester à Sapois est demandée et accordée.
Le maréchal des logis Armuld se blesse légèrement avec une grenade boche piégée.

6 novembre 1944
Le brigadier Garcia Joseph en venant au P.C. du commandant fait une chute de moto, se casse la jambe et doit être évacué.
Le 7e Chasseur remplace le 6e et a besoin de notre P.C. Nous le lui laissons et l’escadron fait mouvement sous la pluie à 15h sur Saint-Etienne-Les-Remiremont où il s’installe dans les casernes des chasseurs. 3 engagés de Rochesson sont affectés.

7 novembre 1944
Les pelotons sont installés dans l’école de Saint-Etienne et … chez les habitants. Le P.C. est chez Mme et M. Hutin.

9 novembre 1944
La neige fait son apparition

10 novembre 1944
Revue d’armes passée par le service du matériel du corps. Le brigadier Martinez Emile, les spahis Gutières, Gerbel, Cabon, Cerezuelle, Cau et Tauzia sont cités à  % du régiment.
Un engagé affecté à l’escadron.
 
11 novembre 1944
Cérémonie à Remiremont et Saint-Etienne où des délégations sont envoyées.

12 novembre 1944
Appel aux armes avec une minute de recueillement pour les morts de l’escadron

14 novembre 1944
Sur ordre verbal, l’escadron fait mouvement sur Julienrupt  - La Forge à 14 heures pour relever le 4e escadron. Les véhicules sont laissés à Julienrupt. Le PC s’installe dans une ferme au Faillard et les pelotons à pied avec un peloton de F.F.I. Gilbert placent des postes sur la crête au Nord de La Forge dans la neige. L’escadron est sous les ordres du commandant Dupuis chef du sous-secteur.

15 novembre 1944
En exécution de l’ordre n°18 donné cette nuit au capitaine, l’éclairage du 2e peloton, une patrouille à pied du 3e peloton, le tout renforcé de 2 TD et de l’éclairage Bonnafont démarrent en direction de Le-Tholy. Le pont de La Forge étant coupé il faut dès le départ rechercher un autre itinéraire que la route. Le génie avance devant les blindés et retire les mines cachées par la neige. La progression de ce fait est lente. A 11h 15 la patrouille Bonnafont - de Baulny avec les F.F.I. sur la route et la patrouille Panel Ducos sur une piste à l’Est, arrivent en vue du village. Des abatis les arrêtent. Le génie s’en occupe. A 12h 15 Panel est à la sortie sud-ouest de Le-Tholy. Aucune réaction ennemie ne se manifeste bien que les boches soient signalés au château. La Fromagerie que l’on croyait occupée est arrosée à la mitrailleuse, sans réponse. Les abatis continuent à encombrer et à entraver la marche sur les deux axes, des patrouilles à pied sont envoyées. Une parcourt le village en direction de l’Eglise 13h 20, l’autre du coté de La Fromagerie. Aucune réaction ; mais à la Fromagerie le maréchal des logis Joannet saute sur une mine. Il est tué et le lieutenant Ducos qui était avec lui est assez gravement blessé 13h 50. Un sapeur du génie est blessé aussi.
Les abatis et les mines gènes considérablement l’avance, malgré le dévouement des équipes du génie. Ce n’est qu’à 14h 25 que Le-Tholy sera traversé. Comme les Américains au Nord ont assez progressé, Panel est poussé jusqu’au carrefour de Prechamp où il arrive (abatis – mines) à 16h 25. La liaison est prise avec les U.S. mais au Sud rien jusqu’à 17h. Nos voisins sont un peu loin, mais comme les éléments de l’escadron doivent passer la nuit sur place, le dispositif sera étiré cette nuit pour boucher le trou.

16 novembre 1944
De bonheur, le reste de l’escadron rejoint Le-Tholy et cherche à s’y installer confortablement car le village est presque entièrement brûlé et de nombreux pièges et mines sont signalés.
Le P.C. s’installe chez M. Ferry, maire de Le-Tholy, dont la maison, par miracle a été épargnée et qui avec toute sa famille nous reçoit avec cœur.
Le 2e peloton qui devrait progresser trouve le pont sauté 8h 25 . Il s’apprête à chercher un autre itinéraire quand sur sa droite on tire sur un F.F.I. qui essayait de prendre la liaison avec les unités qui devaient arriver cette nuit. En effet celles-ci n’ont pas encore signalé leur présence, elles ne sont pas là. Le lieutenant Panel au carrefour est attaqué 8h 45 il essaie quand même de ramener son peloton pour continuer sa mission, mais les infiltrations continuent à droite et à gauche puisque Panel demande un tir d’arrêt sur le Nord du carrefour. Les F.F.I. demandent aussi du renfort 9h 55. Le reste des pelotons est poussé à pied en renfort. Avant leur arrivée les F.F.I. semblent lâcher pied, heureusement que vers 10h des F.F.I. du capitaine Raymond sont aperçu descendant les pentes de Tête Luc et s’installent dans le vide de droite. Le calme revient petit à petit. Les boches ont dû se replier car le carrefour est maintenant soumis à un violent bombardement de mortier. Le brigadier Meandre est tué dans sa tourelle et le brigadier Quatre Barbes grièvement blessé aux jambes. Le peloton se retire pour se mettre à l’abri. Il recherche la liaison avec les Américains au Nord 12h 15. Les tirs de mortiers continuent. Des civils signalent une batterie à Le Beillard, l’artillerie est demandée. La liaison est prise avec les U.S. à 14h 30. Ils sont plutôt en avant de nous.
Une patrouille est repoussée à pied jusqu’au carrefour et le brigadier-chef Gambetti s’y installe après avoir ramené la jeep de Quatre Barbes.
L’après-midi les tirs se calment, la situation est complètement rétablie 16h 45. On s’y installe pour la nuit : peloton Demerson étant aux avant-postes (voir croquis).

17 novembre 1944
Nos voisins américains et F.F.I. ayant progressé de part et d’autre de l’axe en exécution de l’ordre n°95 nous reprenons la progression l’après-midi. Un chemin de terre passant au Bannerot est utilisé, mais dans les bois, des abatis l’encombrent. Pendant que le génie les enlève, un tir est demandé sur le carrefour de Le Beillard ou un automoteur a été vu hier soir, et sur les abatis qui encombrent la route vers le Costet.
Le Beillard est atteint à 17h 55 mais impossible d’aller plus loin ce soir, la piste au Nord aussi est minée.

18 novembre 1944
La matinée se passe à prendre des liaisons, escadron Buttler 8h 30 – Américains 9h 45 – escadron Raymond 19h 30 pendant que le génie reconnaît les abatis 19h 30
Le maréchal des logis Pate et sa patrouille sont envoyés aux Basses Beillard où ils s’installent à 14h 20. Les abatis sont enlevés sur la piste de La Blanchisserie et à 17h 30 la voie est ouverte à la patrouille blindée qui accompagnait. Des F.F.I. sont poussés, compagnie Daniel, pour renforcer l’installation pour la nuit.
Le maréchal des logis Jaouen « plus ardent au cantonnement qu’au feu » est muté au 1er Spahis.
Le brigadier Quatre Barbes est mort de ses blessures.

19 novembre 1944
Comme suite à l’ordre n°19 l’escadron est renforcé de 2 compagnies du bataillon de Franche-Comté  (capitaine Patoor) de I TD et d’une équipe de déminage. A part quelques mines rapidement enlevées la route est libre jusqu’au lac de Gérardmer. Les compagnies à pied sont poussées en avant, les Américains progressent sans réaction au Nord-Ouest de la ville et le reste du groupement Lecoq au Sud-Ouest  8h 50  9h 00.
Le P.C. et le reste de l’escadron rejoignent les éléments de tête 10h 40.
La route du Nord du lac, par trop encombrée : entonnoirs, abatis, chicanes, mines est laissée de côté pour porter tout l’effort du nettoyage sur la piste de Ramberchamp au Sud. Le maréchal des logis Paté, toujours lui, renvoie des renseignements sur les abords de Gérardmer et des indications de civils annonçant la ville entièrement libre à 9h. Il entrera avec sa patrouille un peu plus tard, le premier dans la ville 11h 45.
Le génie en met un coup, aiguillonné par le capitaine. Tout le monde met la main, l’Half Trak du génie, les spahis, les civils même. Ce qui est trop dur est coupé au pétard. A 17h la route est libre et l’escadron s’y engage pour entrer dans Gérardmer à 17h 30. au milieu des vivats de la population pourtant bien éprouvée puisque 80% des immeubles sont incendiés ou détruits.
La mission n’est pas terminée. Si le P.C. s’installe à la boucherie de M. Meney, les pelotons devront garder la ville cette nuit.
Le premier peloton s’installe au carrefour de Forgotte, le 2ème derrière la gare au carrefour de la route de Le-Xetté, le 3ème sur l’axe au carrefour de la route de Xonrupt-Longemer et de celle de Bruyeres.
L’absence de toute réaction ennemie nous étonne. Après le succès de Belfort et Strasbourg, les boches auraient-ils évacué toute l’Alsace et repassé le Rhin ?
 
20 novembre 1944
C’est ce que nous allons essayer de savoir en recherchant le contact sur l’axe Gerardmer-Longemer-Retournemer % n°20.
Malheureusement le 2éme peloton sur l’axe à 500 m de son point de départ est arrêté par des mines. L’itinéraire sud est aussi miné et coupé par des abatis ainsi que la route de Xonrupt-Longemer au dire des habitants 9h 45.
Par des pistes au Nord de Cercenée, Panel arrive à passer et à rejoindre la route dans la région du Saut-Des-Cuves et progresse jusqu’à l’église de Xonrupt-Longemer ou le contact est pris au delà du pont détruit au carrefour de la route de Fies. Le TD ouvre le feu et une deuxième patrouille est prévue pour essayer de faire des prisonniers. Mais le 3e escadron (peloton Sauveboeuf) vient faire la relève 14h 00.
L’aspirant Camatte à pied recherche aussi un itinéraire au Sud-Est. Arrive à hauteur de Le Bouxerand, il croit avoir réussi mais tombe sur des abatis, 12h 55 mines, 13h10.
Le peloton Buzonniere ne poussera pas plus loin après avoir reconnu les lieux. Sauveboeuf lui trouvant la route nettoyée par un bulldozer américain arrivera jusqu’à Longemer pour se faire abimer ses 3 A.M. à coup de Bazooka et de canon anti-char. Le contact est bien repris.
Le sous-lieutenant Breuil arrive à l’escadron et prend le commandement de 3ème peloton.

21 novembre 1944
Organisation des cantonnements dans Gérardmer.

22 novembre 1944
Sont cités à l’ordre de la brigade : maréchal des logis Gancloff, brigadier-chef Gambette, brigadier Hauville, spahi Cherot.

23 novembre 1944
repos
 
24 novembre 1944
Messe de requiem pour les tués de l’escadron.

26 novembre 1944
L’avance des armées alliées et les renseignements des patrouilles du 25 font penser que l’ennemi a décroché % n°21. En prévision d’un mouvement possible le lieutenant Breuil cherche une piste l’amenant sur Retournemer. A 10h 15 il est arrêté par un pont miné.
Le 1er peloton sous pression reçoit quelques minens et se replie sur ordre, 11h 45 les dragons n’ayant pu progresser et les routes étant toutes encombrées ou coupées l’ordre est donné à 18h 07 de rentrer.
Méchoui de l’Aïd el Kébir.
 
27 novembre 1944
Deux équipes de mortiers sont mises à la disposition des dragons et du groupement Franche-Comté.
 
28 novembre 1944
Id. L’escadron est en réserve % n°23 mais ne bouge pas.

30 novembre 1944
Saint André : fête de notre capitaine. Le chef Lallemand dérouille son char au profit du groupement Franche Comté.
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