suite du journal de Lucien Grandclaude jusqu’au 30.4.1945
Témoignages > Journal de marche de Paul Coustillière
Suite du journal mis à jour et tenu par le lieutenant Lucien Grandclaude jusqu’au 30 avril 1945
7 septembre 1944
L'escadron va faire de l'essence à 1 km sud de Chagny. Il est relevé par l'escadron "Papa" ( Giraud) du 9 ème Chasseur. Il reçoit l’ordre de se porter sur Saint Loup - Sainte Marie la Blanche - Corberon - Carrefour de Citeaux (ordre n°32)
Le 2ème peloton (ordre n°4) sur l’axe arrive à Sainte Marie vers 9 heures, s’installe défensivement à la sortie nord du village. Vers 14 heures, il repère à la jumelle une douzaine de boches avec trois mitrailleuses se repliant en direction nord après un tir de M.8.
Le 3ème peloton (ordre n°5) est flanc garde de l’axe par l’itinéraire Chevigny (en Valière) - Paruey - Mazerotte - Corberon - Villy Le Brulé - Broin – Aubigny (en plaine). Il arrive à Laborde à 8 heures 30 sur une barricade. Un prisonnier abandonné est fait.Le 1er peloton avec le P.C. jusqu'à Aubigny (ordre n°6). A 12h le P.C. arrive à Laborde où il partage l'accueil chaleureux des habitants. L’escadron reste sur ses positions jusqu’à 17 heures, heures à laquelle il reçoit l’ordre verbal de se porter dans la région de Saint Leger. Arrivé à Charrecey à 19 heures 45.
Le 1er peloton s’installe pour la nuit au carrefour de Marloux.
Le 2ème peloton se porte au pont sud ouest de Morey et s’installe défensivement.
Le 3ème peloton - peloton d’échelon et PC à Charrecey.
A 8h le 2ème peloton envoie une patrouille par Fangey-Le-Bas, jusqu'au pont de Fangey. Elle y bouscule les boches, prend un F.M. anglais et fait 13 prisonniers dans la cave de la maison voisine. Les habitants signalent des boches à pied dans la région. L'adjudant Godard et une patrouille fouillent les fermes. Ils ramassent 45 prisonniers et un F.M. 24-29.
Le reste d’un peloton explore un train de marchandises immobilisé par l'aviation en gare de St Leger. Un wagon contient huit chevaux qui sont remis au maire de Morey. Des caisses de "fine" réservées à la Wehrmacht sont ouvertes, mais faute de moyens de transport, on ne peut faire qu'un léger prélèvement.
Le capitaine rentre de liaison du P.C.. Il rameute l'escadron à l'entrée sud-est de Chagny, où l'on fait le plein d'essence. L'escadron reçoit l'ordre (n°38) d'aller relever l'escadron Baulny au Sud de Nuits-St-Georges.
3ème peloton (ordre verbal) sur l’axe jusqu’à Corgoloin. Il s’installera pour la nuit à Villiers-La-Fay. Il pousse une patrouille jusqu’à Chaux, qui signale une arme antichar, de l’infanterie sur les pentes au Nord de Chaux. La patrouille se replie avec le reste du peloton.
2ème peloton (ordre verbal) passe la nuit à Echevronne.
1er peloton relève le peloton Busonier à Prissey et s'installe pour la nuit à Premeaux-Prissey P.C. à Corgoloin.
Dès 7h30 le 1er peloton exécutant l’ordre n°10 envoie la patrouille Peyrouse et ses mortiers à Chaux. La patrouille prend contact avec les F.F.I., qui signalent de l'infanterie avec des armes automatiques, en couverture sur le bord du plateau.
Nettoyage à la mitrailleuse et reprise de la progression sur Nuits-St-Georges dans l'après-midi.
A 8h le reste du peloton débouche de Premeaux, sur l'axe. Il n'a pas fait 1500 m qu'il est sous le feu des armes individuelles, des armes automatiques et des canons dissimulés dans les vignes. Le spahi Breton est tué en jeep, Boucher est blessé, la première A.M. ( Auto-Mitrailleuse) de Joussineau est renversée.
Repli sur Premeaux où le P.C. est arrivé.
Le peloton s'installe à pied sur les lisières nord du village.
Le M.8 tire sur la carrière et le bois de Chaux en même temps que les mortiers de Peyrouse. Une patrouille reconnait l'A.M. qui a brulé, l'équipage ( de Joussineau - Cingla - Albisati - Perreux et Herbelot tireur de la jeep ont disparu).
Des infiltrations obligent Peyrouse à se replier sur Chaux où il se cercle avec les F.F.I.
A 15 heures le lieutenant Grandclaude qui a été détaché depuis le débarquement aux chars de Recovery[1] rejoint l’escadron, en même temps qu’une compagnie du 3ème Zouave, dépasse Premeaux et progresse de part et d’autre de l’axe.
Le 2ème peloton a la mission de reconnaître Nuits par Corgloin - Gussigny - Moux - Argilly - Gerland - La Chocelle. A Gerland, il fait deux prisonniers, à La Chocelle un. Il ouvre le feu sur une maison forestière, sur des boches à pied et à bicyclette et en blesse un grièvement. Sur la corne du bois, le tir du M8 soulève des cris de douleur et d’affolement.
Il essaye de déborder par l’Est. Au carrefour de Citeaux il prend la liaison avec le premier escadron (peloton Magdelain). Il revient sur Nuits et est arrêté à Saint Nicolas par des éléments légers. Une sentinelle est tuée et le peloton à pied manoeuvre et prend le village. La marche est reprise sur Argencourt. Une barricade l’arrête. La première AM (Pony) et une moto sont mises en l’air par un canon anti-char. Garcia Vincent et Mencouchi sont blessés par un feu nourri et précis qui oblige le peloton à se replier sur la ferme de La Chocelle. Mais l’ennemi s’infiltre et le lieutenant Panel est obligé de grouper son peloton à Gerland où il s’installe en point d’appui, cerclé à bout d’essence.
Le 3ème peloton doit reconnaître l’Ouest de Nuits Saint Georges par Villers La Faye - Meuilley - L’Etang Vergy - Curley - Corboin - Vosne-Romanée.
Sous la direction du maire de Marey-Les-Fussey, monsieur Joannet, le peloton quitte Villers La Faye en direction de Reulle-Vergy. A Curley, les habitants signalent Chambolle-Musigny tenu par trois 88 sur la route. Inutile d’insister. Le lieutenant Ducos décide un débordement par l’Est. Guidé par monsieur Munier, la patrouille Michelet reconnait Vosne-Romanée inoccupé. Elle rejoint la deuxième patrouille sur l’axe Concoeur - Vosne-Romanée, le soutien étant à Concoeur, vers 11 heures où l’aspirant Camatte fait 2 prisonniers hindous.
Tout le peloton rentre à Vosne-Romanée vers midi pour déjeuner chez la comtesse ( Baronne Vige-Béloin) et s’installe en point d’appui cerclé.
10 septembre
La nuit du 3ème peloton est troublée par la circulation sur la route de Dijon.
Les boches avec des véhicules divers ont l’air de se replier, mais comme les habitants en signalent 2.500 à Nuits, on les laisse passer. A 1 heure du matin, un peloton cycliste se présente, mêlée confuse d’hommes et de vélos. Dans l’obscurité trois prisonniers, dont le chef de peloton, sont faits. A 4 heures, les batteries de Clos Vougeot décrochent, on saura plus tard que ce sont elles. A 7 heures deux patrouilles reconnaissent Nuits-Saint-Georges évacuées. Liaison est prise avec le 3ème Zouaves. Le peloton revient à Vosne-Romanée où il fait trois prisonniers et reconnaît le château et son stock de conserves de lait, de bonbons allemands abandonnés jusqu’à l’heure de rassemblement de l’escadron à Vosne-Romanée (ordre n°45). L’escadron est à peine rassemblé que l’ordre n°46 arrive et le mouvement sur Citeaux se fait à 15 heures.
Le 1er peloton fait des recherches sur ses disparus. Le corps de Breton est retrouvé. Des renseignements d'habitants signalent le passage de prisonniers français dont le signalement correspond à nos camarades.
L'escadron arrive et s'installe pour dormir au carrefour de Citeaux à 18h, sauf le 2ème peloton qui est poussé à Longecourt-en-Plaine et Thorey-en-Plaine (ordre n°16), où il s’installe défensivement pour la nuit après avoir reconnu le pont du canal que les Allemands ont faits sauter avec tous les ponts sauf celui de Saint-Jean-de-Losne.
[1] Chars recovery : chars de dépannage qui peuvent être engagés dans des missions du génie qui sont prévus d'être engagés sous le feu ennemi en première ligne, se trouvant de fait incorporés au sein des unités blindées parallèlement aux chars de combat.
11 septembre 1944
Réveil 5h - Température glaciale. L’escadron s’ébranle pour exécuter l’ordre général n°7.
A Longecourt, le génie devait installer un chemin de roulement sur le canal de Bourgogne. Quand nous nous y présentons, rien n'est fait, mais les spécialistes nous disent qu'il ne faut qu'un quart d'heure. Nous attendons. Un peloton du 3 ème chasseur, puis le PC du colonel nous rejoignent. Le chemin de roulement installé, on l'essaie, il s'avère difficile pour nos véhicules et décision est prise de passer par St Jean-de-Losne.
Le 3ème peloton en tête de l’escadron se porte en direction d’Arc-sur-Tille par Trouhans – Tart-l’Abbaye - Varanges - Genlis où nous prenons liaison avec le 1er escadron à 9 heure.
Le 3ème peloton poursuit sa progression en direction d'Arc-sur-Tille où il apprend que Dijon est libéré. Beire-le-Châtel - Lux – Til-Châtel – Is-sur-Tille où il arrive à 13 heures.
Le 2ème peloton reconnait Fauverney - Chevigny - Quetigny - Couternon (11 heures) Varois-et-Chaignot où il pousse une patrouille sur Arc-sur-Tille (qui fait prisonnier un motocycliste boche). Saint-Julien (12 heures 15) d'où les derniers éléments ennemis sont passés à 5h du matin. Spoy – Lux, où il laisse une patrouille. Til-Châtel (13 heures 30) trois prisonniers et une voiture légère allemande sont prises. La voiture légère sera emmenée par les FFI.
Le 1er peloton quitte l’axe à Arc-sur-Tille pour reconnaître Magny-Saint-Médard - Tanay - Bèze (13 heures 30) où il s’arrête et s’installe défensivement.
Le P.C. et l'échelon ont suivi la progression sur l'axe s’arrêtant successivement à Arc (12 heures) Carrefour 3 kilomètre Beire-le-Châtel, sortie ouest de Til-Châtel, le PC du régiment s’étant installé dans le village. Tout le long de la route accueil enthousiaste de la population, qui parfois même gêne le travail.
Nous recevons l’ordre n°49 et en exécution Panel est poussé sur Prauthoy, Longeau (% n°22) Ducos sur Marey-sur-Tille, Crancey, le château Recey-sur-Ource (% n°23) où ils arrivent sans encombre. Ils passeront la nuit respectivement à Prauthoy et Grancey. Le PC se porte à Crécey-sur-Tille d’où le lieutenant Grandclaude va prendre la liaison avec le CC I à Diénay.
Le peloton Demerson relève Bèze par 2 pelotons 2e Cuir, 2 pelotons 3e RCA, 2 sections 3e Zouaves rejoint Crécey-sur-Tille à 21 heures et s’installe pour la nuit (% n°24).
12 septembre 1944
Les prescriptions de l’ordre général N°8 sont observées et les pelotons Panel et Ducos sont reportés à Longeau et Recey.
Le P.C. et le reste de l’escadron sont portés à Chalancey se trouvant au centre du triangle des axes. Ducos arrive à bon port, Panel laisse son char en panne à Prauthoy - panne de chenilles, car depuis que l'escadron roule, les patins cassent. Tout le stock est absorbé. Pendant que l'équipage répare, les boches croyant le village libre viennent à la boulangerie - 2 sont faits prisonniers pendant que les autres fuient en abandonnant une Juvaquatre que l'adjudant Godart récupère.
A Longeau, le 2ème peloton prend le contact, il installe une barricade. Une compagnie ennemie serait à Saints-Geosmes. Il signale aussi une patrouille essayant de faire sauter le pont de Choilley-Dardenay, les prisonniers annoncent 150 boches, un canon de 88 et 4 mitrailleuses à Dommarien. Le flanc droit et les arrières du peloton sont menacés. Le peloton Demerson est envoyé à Prauthoy (% N°30) pour y remédier, mais à son grand regret ne pourra rien tenter sur l’ennemi en dehors de la zone de l’escadron.
Le 3ème peloton ne reste pas inactif et une patrouille sur Montmoyen fait 60 prisonniers.
Le lieutenant Granclaude prend la liaison à Auberive avec un centre F.F.I. et ramène un certain nombre de renseignements intéressants sur Langres, du beurre, du gruyère et du pain blanc pour tout le P.H.R.L’ordre N°9 est arrivé et l’escadron est rassemblé à Recey (% N°33, 34). Comme le 3ème peloton doit défiler le lendemain à Dijon, c’est le 2ème peloton qui est poussé à Montigny-sur-Aube. Sa radio ne fonctionnant pas il n’envoie pas de renseignement. Un motard lui est envoyé. A 23 heures il n’est pas encore revenu. Le capitaine inquiet pousse une pointe en jeep et .... tombe sur une barricade sur laquelle gît la moto. Rafales de mitraillettes, de mitrailleuses qui trouent la nuit sans amener de réponse. Le capitaine revient chercher du renfort et pendant qu’il retourne une jeep du 2ème peloton apporte le renseignement R.A.S. Tout s’explique. La barricade est F.F.I., le motard s’est cassé la figure dessus, la Jeep s’est trompée de chemin, tout le monde rejoint et se couche à 4 heures du matin.
13 septembre
Pendant que le peloton Ducos reçoit les acclamations des Dijonnais, faute d'essence, le reste de l'escadron stationne à Recey. On en profite pour laver le linge sale individuel et collectif (% n°38, 39 et 40) et l'échelon procède aux réparations. L'essence arrive, une unité, la pluie et l’ordre n°10. Le capitaine rejoint le P.C. et le lieutenant Grandclaude emmène l’escadron (%n°41) dans la nuit et sous la pluie battante à Humes par Auberive, Noidant-le-Rocheux, Perrancey-les-Vieux-Moulins, St Martin-sur-le-Pré. Langres est tombée dans la journée et a couté au régiment la perte du capitaine Baudoin.Réception chaleureuse de la famille du maire 23H10.
14 septembre 1944
La pluie n’empêche pas le démarrage à 6h30.
Le 3ème peloton doit déblayer des abatis F.F.I. dès la sortie d’Humes, sa progression sur l’axe Rolampont - Vesaignes-sur-Marne - Foulain - Chaumont ne sera pas inquiétée puisque des le départ les habitants signalent Chaumont libéré le 13 à 16 heures par la 2ème D.B.
Le 2ème peloton (% n°43) parti des abatis F.F.I. sur la route de Beauchemin, reconnaîtra sans mal Villiers-sur-Suize – Crenay - Neuilly-sur-Suize et le carrefour 2 km sud de Chaumont.
Le 1er peloton (% n°44) et l’échelon suivent le P.C. sur l’axe.
A 11 heures l’escadron est arrêté à l’entrée de Chaumont. Le capitaine Rouot s’y porte seul et prend la liaison avec le 3ème escadron du 1er R.M.S.M[1].
Pendant que l’escadron s'installe à Chamarandes-Choignes (%n°48) le « Dauphin » va rendre compte au P.C. du colonel d’abord, puis à l’E.M. de l’armée B à Champlitte de la jonction des 2 armées de Normandie et de Provence.
15 septembre 1944
Le temps s'est remis au beau. Entretien du matériel et liaison à Chaumont par le capitaine.
16 septembre 1944
Dès la fin de la réception d’une une unité d’essence, sous la pluie qui s’est remise à tomber, nous exécutons l’ordre n°11 :
3ème peloton (%n°52) sur l’axe Nogent En Bassigny – Montigny-le-Roi - Lamarche – Dombrot-le-Sec - Vittel.
1er peloton (% n°53) après Montigny – Meuse – Dammartin-sur-Meuse - Parnot – Larivière-Arnoncourt - Serqueux - Mont-lès-Lamarche - Aureil-Maison - Serocourt – Provenchères-lès-Darney - Vittel.
Le 2ème peloton laissé à Chamarandes-Choignes pour maintenir la liaison avec la 2me D.B., mais le 1er R.MS.M. ayant progressé et le lieutenant Panel, n’ayant pu le rejoindre qu’à Andelot-Blancheville et Rimaucourt (% n°(‘), progresse dans la direction de Clermont où il s’installe.
La progression continue. L’escadron dépasse Lamarche. Il prend la liaison avec le capitaine de Tragon du 12ème Cuirs (% n°55)
L’ordre n°51 arrive. Le P.C., l’échelon et le 3ème peloton rentrent à Lamarche (% n°57). Le 2ème rejoint par Fresnoy-en-Bassigny et le 1er qui a pris la liaison avec le 3 ème escadron à Isches ne recevant pas d’ordre continue jusqu’à Vittel occupé par l’armée Leclerc. Réception des plus chaleureuses et cantonnement rapidement terminé à Lamarche.
L’escadron touche 3 nouveaux engagés.
17 septembre 1944
Stationnement à Lamarche, entretien des véhicules. Le lieutenant Grandclaude rejoint le 1er peloton qui n'a plus d'essence et ne peut venir à Lamarche. P.C. installé chez Mme Aubriel.
18 septembre 1944
Nous recevons une jeep de l'E.H.R. en échange de la Juvaquatre du 2me peloton. Le méchoui est offert aux indigènes pour la célébration de l'Aïd Seghir. Le 1er peloton rejoint.
19 septembre 1944
Le colonel vient s’adresser aux indigènes en l’honneur de leur fête.
2 engagés volontaires dont le maréchal des logis Joannet qui a suivi le 3ème peloton depuis Vosne-Romanée et un brigadier arrivent à l’escadron.
21 septembre 1944
Les sacs A sont amenés de la base. C’est la première fois que nous les revoyons depuis l’embarquement. En effet, les 4 GMC du PHR sont toujours restés avec la base du régiment. Revue de détails.
22 septembre 1944
Revue auto. Reçu un engagé.
26 septembre 1944
Le maire de Lamarche organise une soirée, dite artistique, pour varier les plaisirs des spahis.
27 et 28 septembre 1944
Exercice de patrouille à pied.
29 septembre 1944
Reçu 2.000 litres d'essence et ordre de mouvement n°6
L’escadron en colonne de route s’ébranle à 10 heures pour Isches - Ainvelle – Le-Fresne - carrefour Nord de Jussey - Venisey - Contréglise - Amance - Faverney - Varogne - Vellefrie – Saulx - Vesoul où nous arrivons à 17 heures. Accueil plutôt froid de la population.
30 septembre 1944
Aménagement du cantonnement. Revue des masques.
1er octobre 1944
Prise d’armes pour remise de décorations. Le M8 du 1er peloton porte l’étendard. L’escadron est à pied sauf une A.M. par peloton. Le général Monsabert fait le colonel officier de la Légion d’Honneur. Sous la pluie, la Croix de Guerre est remise aux brigadiers Langier, Ferrey, aux maréchaux des logis Pate, Beu, aux spahis Ross, Brier, De Quatre Barbes, Boivin.
1 Brigadier versé au 3me escadron.
Jusqu’au 6 octobre 1944
On profite des jours de beau temps pour faire l’instruction sur le « Poste ».
7 octobre 1944
Le maire de Lamarche venu apporter des « gâteries » à l’escadron offre un fanion en souvenir.
8 octobre 1944
Revue du cantonnement par le colonel.
9 octobre 1944
Sont cités à l’ordre de la Division les maréchaux des logis Peyrouse, Joanet et Buy, Le brigadier Paoli, les spahis Monnier, Myim et Munier qui a guidé le 3ème peloton à Nuits-Saint-Georges.
Au début de l’après-midi nous faisons les pleins d’essence et même de la réserve avec ordre de se tenir prêt à partir en 2 heures.
L’ordre n°53 à 18 heures, et sous une pluie soudaine et battante, nous montons sur Faymont par Luxeuil – Fougerolles – Girmont-Val-d’Ajol.
Réception chaleureuse et cantonnement rapidement terminé.
10 octobre 1944
Le capitaine part dès 17 heures 30 avec le colonel reconnaître notre secteur. Le « Dauphin » emmène l’escadron jusqu’à l’entrée de Remiremont où il reçoit l’ordre n°67. Traversée de Remiremont et, avec le capitaine qui est revenu, marche sur Vagney (% n°12). L’escadron dépasse le village sans le 1er peloton qui s’installe à la sortie de Vagney sur la route de Sapois occupé. Le P.C. s’installe dans une maison isolée sur la route de Gerbamont.
Le 3ème peloton est poussé en direction de Le Théâtre (% n°68) à 14h20 où il est soumis à un tir de mortiers à 18h ce qui ne l’empêche pas de s’y installer pour la nuit. Le spahi Bonnet est blessé. Le 2ème peloton est en réserve à la sortie de Vagney. Il fournira des patrouilles la nuit, pour la protection du P.C. contre les bois de la côte 628.
A la nuit, le peloton Duffourcq du 2ème Dragon arrive avec ses T.D. en renfort mais n’est pas employé. Nuit troublée par les explosions éloignées ou les coups de départ qui résonnent dans les bois et les vallées. Le 2ème peloton a renforcé par des patrouilles le 3ème peloton et le P.C. et l’échelon a aidé le 1er peloton.
[1] RMSM : Régiment de marche de spahis marocains
11 octobre 1944
Comme
suite à l’ordre n°55 arrivé à minuit, le peloton Ducos est poussé en
avant (% N°71), jusqu’au carrefour à 800 m Est de Le Théâtre où il arrive à
8h30 sans encombre en liaison avec une section du 4e R.T.T. faisant partie du
GT3 qui ce matin avait pour mission de prendre Gerbamont. Ce sera chose faite
de bonne heure sans aucune réaction ennemie.
Le
P.C. est porté à Le Jole, dans une ferme sinistrée. Le 2e peloton et
l’échelon suivant jusqu’au carrefour de Le Théâtre où ils s’installeront. Le commandant
de Chabot a pris le commandement d’un groupement où entre l ’escadron avec
les F.F.I. du groupement d’Indre et Loir à pied.
Ducos
est poussé jusqu’au carrefour de l’ancien moulin où il arrive à 10h15 - RAS. Il
sera dépassé par le 3e escadron marchant sur Orimont Rochesson, mais celui-ci
étant tombé sur un bec se repliera derrière le carrefour et c’est Ducos avec
des F.F.I. qui devra en assurer l’intégrité ainsi que celle du pont et de la
route de Sapois malgré les tirs de mortiers bien ajustés (% n°59).
Le peloton Demerson,
au lever du jour, envoie une patrouille à pied car le pont est coupé à Sapois.
Le village est libre d’ennemis, mais parcouru par des patrouilles américaines.
Le
peloton de Gatines pousse une reconnaissance au delà de Sapois. Demerson fait
un prisonnier, qui servira au nettoyage du P.C. à Le Jole, et rentre dans sa
coquille à Vagney.
Nuit
calme, quelques pélots sur Ducos et autour du P.C.
R.A.S.,
sauf Ivenat qui se blesse accidentellement à table avec son pistolet.
12
octobre 1944
Pour exécution de
l’ordre n°13, le 1er peloton reçoit
par radio l'ordre de se porter à Sapois et de s'y installer défensivement face
au Nord et à l'Est et de se préparer à reconnaître Menaurupt et Gérardmer à 7h45.
Avec son appui F.F.I.
il est installé à 11h30.
Une patrouille a
dépassé Cens-La-Ville et a reconnu Scier vide d’ennemis. Mais le pont sur la
route de Menaurupt est miné. Les habitants signalent des boches dans les fermes
à 400 m au Nord de Scier.
Avant d’y envoyer une
patrouille le peloton est soumis à un tir de mortier à Sapois. Le capitaine va
se rendre compte personnellement de la situation et crânement il prendra la
tête de la patrouille (sous-lieutenant Demerson, maréchal des logis Peyrouse et
5 F.F.I.). L'opération est fructueuse, puisqu’en douce, six boches sont sortis,
un peu ahuris de leurs trous et conduits vers l'arrière par les F.F.I.. La
maison semble bien garnie. L'effectif de la patrouille s'est un peu réduit,
mais avec de l'audace .... Malheureusement un boche descend la pente et
surprend les assaillants - Peyrouse le descend d'une rafale de mitraillette et
... le coup est loupé, l'éveil étant donné, tout le monde se replie.
Pendant ce temps le 2ème
peloton a relevé le 3ème au carrefour. Ducos au lieu de se reposer part en
reconnaissance au Gerbamont La Peute Goutte (% n°60) pour soutenir le débouché
d’un bataillon de tabors. Sa présence sera inutile. Il assistera de loin à
l’opération qui ne réussit pas et rentrera pour la nuit. L’escadron reprend la
même disposition que la nuit précédente (% n°61)
13
octobre 1944
Les pelotons
de Panel et Demerson (1er peloton)
ont été arrosés cette nuit. Demerson (1er
peloton) a quand même fait deux prisonniers. Panel est dépassé par le 3ème escadron
qui repousse sur Orimont - Rochesson, mais le peloton Sauveboeuf rentre à 9h30
et le carrefour est resoumis à un tir précis et violant.
Le capitaine
voulant rééditer son exploit de la veille monte une action un peu plus sérieuse
avec le 2ème peloton et une section
F.F.I. sur les fermes de Cens-La-Ville. Les A.M. se portent jusqu’au pont de
Cens-La-Ville pour appuyer la progression du gros de la patrouille. L’affaire
réussit moins bien, un tir de mortiers ennemis se déclenche, tue 2 F.F.I. et en
blesse plusieurs. La patrouille est obligée de se replier sans pouvoir ramener
ses morts.
Le groupement
Lecoq a été constitué.
Le commandant
de Chabot a pris le commandement du sous secteur sud et nous sommes directement
sous ses ordres avec le groupement Segonzac. En exécution de son ordre N°1, l’escadron
fait mouvement vers Sapois et s’y installe pour la nuit avec l’escadron Vein ;
Le 1er peloton sur l’axe, à la
sortie du village, le 2e peloton à
la sortie sud-ouest, le 3ème au centre du village, l’échelon sur la route
du carrefour de l’ancien moulin, dans les bois.
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[JC1] Des F.F.I. seront adjoints au 2ème peloton et d’autres s’installeront à mi pente de la côte 760. Au cours de la matinée, le brigadier Ben Mohamed a été blessé accidentellement d’une balle de mitraillette tirée au cours d’une inspection d’armes[JC2] .
[JC1] Des F.F.I. seront adjoints au 2ème peloton et d’autres s’installeront à mi pente de la côte 760. Au cours de la matinée, le brigadier Ben Mohamed a été blessé accidentellement d’une balle de mitraillette tirée au cours d’une inspection d’armes[JC2] .