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Suite bulletins février 1926

Témoignages > Carrière militaire- E. Coustillière-1900-1937 > Soueida - 1926
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23 février 1926 – bulletin de renseignements N°44 – 159/GD

Le calme continue à régner dans toute la région. En face du Leja, la situation reste imprécise ; il semble que certains contingents se soient replier vers le sud-est, mais que ce ne soit, en quelque sorte, que pour « élargir les cantonnements ».  L’intention de Sultan et de ses conseillers paraissant toujours être d’occuper le Leja.
Les villages musulmans et chrétiens, et les bédouins résolus à résister avec le concours des contingents hauranais ne manifestent aucune émotion.
Source Ezraa : rapport de l’informateur Ayeche Djabri.
« je suis parti le 20 au matin d’Ezraa par la piste muletière de Bosr el Hariri ; je suis passé entre Douéré et Harran à travers champs.  Je suis arrivé après-midi chez les bédouins-bergers de Ahiré campés au sud du village, je me suis fait passer pour un bédouin accompagnant des Druzes pour piller dans le Leja. Un berger m’a renseigné comme suit : ce matin 20 février, Sultan est rentré à Ahiré accompagné par Adel Arslan, Hail el Kinj, Iskandar Kalaani de Chakka, Abou Ali Trad Amer de Souemré, ils revenaient de Saouara el Geghiré, Hamzé Derwich était avec eux.
Le rassemblement du Makran-est, l’Ibn Sallam serait arrivé le matin du 20 à Mejedel, Samid, Kharsa.  Celui de l’Ouadi Lioua avait donné parole à Sultan de le suivre et de rejoindre le 20 au soir.  Personne n’est venu, on en accuse le mauvais temps.
Ibrahim Bey de Soueida est passé le 20 au matin à Ahiré, allant de Dama vers Djadia avec 22 cavaliers.
Une lettre était venue à Sultan de Talal Abou Sliman en réponse à celle envoyée à Khabab : « nous vous attendons chez nous avec les gens de Khabab et les autres Hauranais.  Désormais ce n’est plus le pillage entre nous, mais la guerre ouverte, nous ne ferons plus comme l’autre fois prendre les chevaux et relâcher les hommes.  Nous tuerons tout Druze qui tombera entre nos mains.  Vous êtes des hommes et nous aussi.  Venez et Dieu pour nous tous. »
Le 20 après-midi il y eut une grande réunion avec les cheikhs précités et en outre, Chabib el Kontar et Abdulghaffar Pacha venus de Dama, Hamed Azzam chef des villages druzes du Leja, Nedjem Pacha Alabi et Daher Kontar de Kénaker arrivés le matin par Nejran, Daoud Abou Assaf, Massoud Ghanem de Méfaalé.
On a lu la lettre de Talal, on a entendu le bédouin Hassan ben Aouad el Kureyh émissaire envoyé par Sultan à Sour qui a raconté que les bédouins sont prêts à résister, qu’ils ont des Hauranais chrétiens et musulmans avec des partisans réguliers chez eux ; qu’ils sont forts en fusils et cartouches donnés par le gouvernement.
Hamad Azzam, Chabib Kontar et quelques cheikhs druzes du Leja sont opposés à la marche contre le Leja.
Chabib Kontar dans son discours a fait comprendre que les Slouts ne sont pas comme les habitants de la Ghouta, ni comme les Français qui marchent rassemblés sur les routes mais qu’ils seront cachés chacun derrière une pierre, tirant sur de la viande tandis que les Druzes tireront sur des pierres.  Il a dit aussi qu’Abdulghaffar était présent hier à Dama et a entendu les coups de fusils et les manifestations faites à Djedel par bédouins et Hauranais qui ont poussé leurs avant-gardes à venir tirailler près des villages druzes.  Attaquer une gare ou un poste vaut mieux que d’attaquer le Leja.
Sultan a exposé qu’il est nécessaire d’occuper le Leja, le seul asile restant pour les Druzes et l’espoir de continuer à harceler les troupes et la voie.  Cette occupation est nécessaire, coûte que coûte.
Hamad Azzam a fait comprendre que toutes les fois que les Druzes passaient au Leja ils avaient des pertes et il craint que cette fois ils subissent des pertes comme à Messifré.  Les Turcs ont éloigné ces bédouins jusqu’à Zétouné (près de Sivaa en Anatolie) et ils en sont revenus.  Ce n’est pas les Druzes qui pourraient, vu les circonstances actuelles, les chasser du Leja.  En supposant que ce rassemblement puisse y rentrer et l’occuper serait-il possible de s’y maintenir ?  En ce cas, c’est nous vos frères habitants de la lisière qui subiront les conséquences : les coups du gouvernement, du canon de Bosr, des bédouins et des Hauranais.  Il a exposé les vols et pillages subis et a demandé de marcher avec des forces importantes ou de ne pas marcher du tout.
Sultan a consenti alors à attendre dans ces villages jusqu’au beau temps et d’envoyer demander encore du monde mais les villages protestèrent exposant leur misère, causée par le manque de récolte cette année, proposant une réunion en circonstances plus favorables, quand le beau temps arriverait.  Sur ce, les drapeaux du Sud (Salkhad, Imtam, Mélah, Raha, Oumsaad, Kaffer) sont partis vers Djadia, Salached, Breiké, Sultan leur a donné rendez-vous à Mourdouk où il sera avec Hail Kinj et da suite.  Les gens de l’Est se reposèrent et devaient repartir le 21 vers Chaaba et Nemré.  Les gens de l’Ouest sont restés à Dama et Ahiré en observation devant les bédouins.
Source Bosra – un informateur venant de Anz rapporte :
Il y a 10 jours, huit Druzes et musulmans du village de Anz ont été convoqués à Salkhad par ordre de Nessib Bakri.  Ces individus ont quitté le lendemain cette localité en compagnie d’autres Druzes et ont fait dire à leurs familles à Anz qu’ils se rendaient dans la région de Damas en vue d’effectuer un achat de chevaux.  Ces individus sont rentrés au village hier et ont raconté qu’ils venaient de la région de Damas où ils avaient été envoyés pour couper la voie ferrée Deraa-Damas, à l’entrée de cette dernière ville.  Ils déclarent avoir fait dérailler un train, brûlé 3 wagons, tués plusieurs soldats français et pillés des wagons de marchandises.
Même source : les bandits du Makran-Sud partis pour faire la guerre aux Slouts ne sont pas encore de retour dans leurs villages.  Ceux qui ont fourni le plus seraient : Kreié, Orman, Salkhad et tous les villages de l’est.  Selim Adjelli de Meschkouk et Fayez Barrak de Gharié se seraient opposés au prélèvement de guerriers dans leur village et auraient protesté auprès de Sultan contre ce continuel recrutement d’hommes qui vont se faire tuer pour son bon plaisir.
De sources différents et nombreuses il est rapporté à l’officier du S.R. que ces deux notables sont vraiment animés de bons sentiments à l’égard du gouvernement.
Suivant informateur les villages ci-après, Anz, Gharié, Megahiet, Korbet Anaouk, Meschkouk et une grosse partie de Salkhad (Sami Soumari) désireraient faire leur soumission et ne prêteraient aucune attention aux racontars des dirigeants druzes.
Wahhabites (sous toute réserve) - Informateur venant de Kreyet el Mela.
Nourry Chalan aurait envoyé dire il y a une vingtaine de jours à son représentant à Kreyet el Mela, de déménager le château-fort lui appartenant et de faire transporter armes et munitions qui s’y trouvent à Chama (une journée de marche au NE de Kreyet el Mela).
Un délégué d’Ibn Séoud aurait été invité par Nourry à faire occuper Kreyet el Mela par ses troupes, mais, s’y serait refusé parce qu’il n’avait aucun ordre à ce sujet.  Tout dernièrement, Nourry Sabab aurait envoyé personnellement d’Egypte une lettre à Ibn Séoud l’invitant à occuper la région de Kreyet el Mela. Ce dernier aurait répondu : je ne veux pas mettre ma main dans la vôtre car vous êtes une girouette, tantôt avec les Français, tantôt avec les Anglais « au plus offrant ». Nourry Chalan serait parti d’Egypte pour voir Ibn Séoud.
Même source : depuis longtemps Sultan cherche à obtenir l’appui des bédouins de la tribu Sardiek, région au sud de Kasr el Azrak (Transjordanie).  Le chef de cette tribu qui coopéra avec Sultan lors du soulèvement druze de 1922, s’y refuse malgré l’insistance de son ancien ami.
Autre source : Nessib Bakri aurait été nommé tout dernièrement délégué-extraordinaire du commandant en chef des bandes druzes. Chaabandar qui a été fait secrétaire-général de Sultan aurait reçu de ce dernier une décoration qu’il porte avec fierté.
Le chef de la tribu Adanat, malade et ne pouvant se déplacer, a envoyé un de ses bédouins auprès de l’officier S.R. Bosra pour protester en son nom contre des accusations portées par des Hauranais et des chrétiens qui prétendent avoir été pillés par sa tribu.  Ce chef de tribu fait en outre dire qu’il invite les plaignants à venir présenter leur doléance et déclare être prêt à leur restituer leur bétail si leurs réclamations sont justifiées.  L’officier du S.R. lui a fait dire par l’intermédiaire de son émissaire de venir se présenter au chef S.R. Colon à Deraa dès qu’il sera rétabli.
Transjordanie – déclaration de Georgi Mardini, venant d’Amman.
"Je suis allé à Amman le 15 février.  J’ai vu là Moustafa Zelak de Melah, qui aurait avec lui des mousquetons français, des munitions, des mulets ; il les a vendus à Amman pour acheter de l’huile et des marchandises diverses.  J’ai vu le fils Zaouvuehed et le fils Caeli, tous deux d’Imtam, qui avaient également avec eux des mousquetons et des munitions pour les vendre.  J’ai vu également le fils Bou Amer, d’Oum el Rouman, qui fait également le commerce avec la Transjordanie de mousquetons, fusils français, etc. …
Les Damascains qui vont à Amman font courir de faux bruits sur ce que les Français font en Syrie ; ils font des collectes pour en envoyer le produit aux bandes de Damas.  Les agitateurs sont : Khalil Chaker et Farès Sidy ; ils font tout leur possible pour entrer en communication avec Ibn Séoud.
J’ai appris que les musulmans de Damas voudraient organiser un massacre des Arméniens."
 
 
Signé : E. Coustillière


Origine http://coursdhistoiremilitaire.over-blog.com
 Les implantations druzes au Levant

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24 février 1926 – bulletin de renseignements N° 45 – correspondance 160/GD
 
Les rassemblements druzes subsistent mais étalés plus à l’est.  Sultan tiendrait, dit-on, beaucoup à cette attaque du Leja et aurait adressé un nouvel appel aux armes.
Les bédouins, aussi bien d’Ahmed el Ghossein que de Talal paraissent bien décidés à résister.  Alouan el Hamad et Id Abou sont venus voir Talal et se sont rangés à ses côtés.
Les Druzes surveillent très attentivement leurs frontières.  Un informateur bédouin aurait été mis à mort. Un émissaire musulman se sentant « brûlé » ne veut plus retourner. Des notables druzes soumis de Douéré, Dour, Nejran certifient que les rassemblements subsistent avec la volonté d’attaquer le Leja. L’un d’eux a dit avoir entendu faire allusion à une attaque sur Bosr el Hariri.
Source Bosra – un chrétien d’un certain âge et paraissant sérieux, arrivé ce matin de Mejemer, rapporte que les bandes druzes qui s’étaient rassemblées pour attaquer le Leja seraient encore dans la région nord-ouest de Soueida.  Ce rassemblement à la frontière du Leja, dit-il, n’est qu’une démonstration dans le but d’intimider les Slouts, car les Druzes connaissent la capacité combative de leurs voisins, et ce n’est pas actuellement alors que de lourdes pertes subies depuis le début de l’insurrection ont amoindri leurs forces, qu’ils peuvent se permettre de mener cette attaque. L’informateur ajoute que si les bandits druzes ne sont pas encore rentrés c’est le mauvais temps de ces jours derniers qui en est la cause.
Un émissaire venant d’Amman signale qu’un détachement de réguliers transjordaniens en tournée de police à la frontière sud aurait été attaqué ces temps derniers dans la région de l’Ouadi Moussa par des forces wahhabites et aurait perdu 30 hommes.  Les nouvelles ayant été connues à Amman, l’émir aurait décidé d’envoyer au secours de ce détachement une force assez importante.  Les autorités anglaises s’y seraient opposées et un officier supérieur anglais se serait rendu aussitôt à Maan, voir Ibn Séoud.
A son retour à Amman, tout était rentré dans le calme.  Il aurait même démobilisé un bataillon transjordanien dans cette localité.  D’après l’informateur, les Anglais appuieraient Ibn Séoud qui aurait conçu le projet de la formation, sous l’égide de l’Angleterre, d’un empire arabe qui engloberait la Syrie, la Palestine et la Transjordanie.  De nombreux Damascains sillonnent la Transjordanie en tous sens. A Amman notamment, deux agitateurs du quartier Midan, Khalil Chakeir et Abou Farès Saadi, parcourent tous les cafés et se livrent ouvertement à une propagande francophobe. Les nouvelles les plus fantaisistes sont répandues par eux dans le but de surexciter les esprits : prise du poste de Mesmyé et de nombreux canons français par une force imposante de cavaliers druzes, communications coupées avec Damas, etc. …  Ces deux individus font appel à l’union de tous les Arabes pour chasser de Syrie tous les Tcherkess et les Arméniens qui se livrent à des massacres de musulmans dans Damas.  Les autorités anglaises fermeraient les yeux sur tous ces agissements.
Nessib Bakri serait parti de Amman il y a 8 jours pour se rendre chez Ibn Séoud.
 
Suite le 25 février 1926
 
 
Le village de Taalé a envoyé une lettre de soumission.
 
Source Ezraa – des drapeaux du Sud venus dès le début du mauvais temps se sont déplacés vers le sud-est à partir du 20 au soir et sont toujours dans la région Djedia, Breiké, Salakhed.
 
L’Ouadi Lioua n’a pas bougé, Soueida n’a pas marché, Abdulghaffar s’y est opposé n’ayant pas reçu 50 livres d’or qu’il estimait devoir recevoir comme sa part d’un secours récemment arrivé au Djebel. (Renseignements recoupés deux fois).
 
La présence des gens de l’Est n’est pas établie.  Namer, de passage à Séjan le 23, a entendu le crieur du village exciter les habitants à marcher le 24 à midi avec des provisions pour entrer au Leja.
 
Un informateur de Bosr el Hariri rapporte un bruit d’attaque pour le 25.  Il semble que les Druzes veulent énerver les bédouins et les Hauranais par l’attente et les pourparlers. Leur propagande fait courir des bruits tendancieux qui sont rectifiés par notre contre-propagande.
 
Source Bosra – la femme du mouktar chrétien de Kréié arrivée ce matin signale que les bandits de cette localité avec leurs drapeaux sont rentrés hier soir dans leur village.  Elle a donné à l’officier du S.R. le nom de 13 d’entre eux et dit avoir entendu dire que d’autres bandits des villages de Salkhad et d’Orman sont également rentrés en même temps que ceux de Kréié.
 
Ali Bey de Kréié aurait envoyé ces jours derniers des lettres dans les villages environnants en vue de recruter une petite bande destinée à couper la voie ferrée Bosra-Deraa.
 
Soliman Tarabey et Kassem ben Youssef el Abdallah de Kréié partis il y a 15 jours en Transjordanie auraient été arrêtés par les autorités anglaises à Amman.  Les parents de Soliman auraient appris la nouvelle que celui-ci avait été condamné par ces autorités à 4 ans de prison pour espionnage (sous toute réserve).
 
Un groupe de chrétiens arrivés ce matin d’Aéré signale que les bandes druzes seraient encore dans la région de Damas, et qu’elles auraient subi hier un bombardement par avion ; l’un de ces informateurs déclare que le total des bandits qui se sont rassemblés en vue d’attaquer le Leja atteignit péniblement le chiffre de 1.000.
 
Cette force n’étant pas suffisante, les chefs druzes auraient fait appel vainement au concours de certains villages du Sud qui se seraient abstenus de participer à cette opération sous prétexte que Soueida, la capitale, s’y était refusée.  D’après cet informateur, les bandes druzes ne tarderaient pas à rentrer dans leurs villages respectifs étant donnée l’impossibilité dans laquelle elles se trouvent pour attaquer le Leja.
 
Hassan Hamzi d’Aéré aurait l’intention d’envoyer sa famille à Dibine et de venir se présenter à Bosra ensuite.
 
Source Farès Bey – le bruit court au Djebel que la paix serait bientôt faite et que la Syrie aurait obtenu son indépendance.  La France n’aurait plus sur elle qu’un simple droit de regard.
 
Source Ibrahim Irléha venant de Méliha Charghuié.
 
« Je viens actuellement de Méliha Charghuié, j’ai appris qu’aujourd’hui Husni Saker avec 100 cavaliers sont venus à Taalé pour empêcher la famille Gawassem de faire sa soumission, car cette famille a écrit dernièrement au gouvernement pour faire sa soumission. »
 
Sultan doit venir demain 25 matin, brûler quelques maisons à Taalé.
 
 

Signé : E. Coustillière


Origine : panoramio.com
 Vue du Djebel druze

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26 février 1926 – bulletin de renseignements N° 46 – correspondance N° 271/ GD
 
 

La situation est inchangée et le calme continue à régner dans tout le Hauran.
 
Les rassemblements druzes menaçant le Leja ne sont point dispersé ; ils se sont avancés le 26 au matin sur Djedel et sont au contact avec les Slouts et les partisans qui se sont déjà accrochés avec eux le 25 au soir.
 
Les contingents hauranais d’Ismail Hariri, Farès el Hamed Zohébi, etc. … viennent à la recousse.
 
Dans le Sud un gros rezzou composé de Druzes et de bédouins du Djebel menace Nessib où sont envoyés les deux pelotons de partisans hauranais du Sud.
 
Source Bosra – un informateur venant de Reha signale qu’une grosse partie des bandes druzes évalués à 500 à 600 bandits serait encore dans la région de Dama et à Soueida.  Ceux d’Orman d’Imtam et des villages de l’Est ne sont pas encore rentrés.  On dit à Reha que les chefs druzes, bien que convaincus qu’ils ne peuvent attaquer le Leja, maintiennent ces forces dans le Nord afin de donner plus de poids aux demandes de concessions qu’ils auraient faites à certains chefs slouts qui se refuseraient à leur donner satisfaction.
De nombreux villageois du Djebel, pillés précédemment par les Slouts et partis avec les bandits dans le but de rentrer en possession de leurs biens, ne sont pas encore rentrés, espérant toujours une restitution possible.  L’informateur croit cependant qu’une partie des bandits du Makran-Sud serait rentrée.
L’informateur signale en outre que la population de Soueida, très éprouvée par le bombardement, aurait molesté Sultan et sa suite ; nombreux sont les notables qui désireraient faire leur soumission, mais la crainte de Sultan semble leur donner à réfléchir.
 
Même source – les proclamations de Ramadan Schelach auraient certainement causé une profonde impression sur les Druzes s’ils n’étaient pas trompés par la clique damascaine.  Celle-ci leur ferait croire, en effet, que c’est une pure invention du gouvernement français et que Ramadan n’a jamais fait sa soumission.
Chaabandar notamment semble spécialement chargé de remonter le moral de ceux qui l’ont atteint. Dès qu’il s’aperçoit que le moral baisse, il s’absente du Djebel pendant un certain temps et revient en répandant des nouvelles les plus fantaisistes.
 
Signé : E. Coustillière
Dernière minute : l’aviation a constaté ce matin que Djedel (nord de Sour el Leja) est occupé par 2 à 300 cavaliers druzes qu’elle a bombardés.

Origine : https://www.jewiki.net
Femmes dans le Hauran

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27 février 1926 – bulletin de renseignements N° 47 – correspondance N° 276/GD

 
 
La situation n’a pas changé : les Druzes sont toujours à Djedel bien qu’ils y étaient efficacement bombardés par l’aviation le 26 courant.  
 
L’escadron de partisans hauranais est au contact les bédouins slouts se sont retirés un peu au sud, leur attitude était énigmatique ; les volontaires du Hauran se sont reportés vers Khabab qui serait l’objectif des Druzes, ainsi que le ponceau de la voie ferrée entre Khabab et Djebab.
 

Source Ezraa – un informateur de Bosr el Hariri rapporte un bruit d’après lequel Talal Abou Sliman se serait mis d’accord avec les Druzes pour les laisser pénétrer au Leja et occuper Khabab, Tibné et Chacra.  Les Druzes auraient exigé d’occuper Sour el Leja mais Talal aurait refusé.
 
Un amer venant de Chaaba à Ezrass, traversant Samia le 23 a appris que Selim Abou Mahmoud Nasser en est parti au Leja avec 12 combattants et que Chaabandar et Ali Obeid ont passé la nuit du 23 au 24 à Sejen allant à Aéré. On disait à Chaaba que le dernier bombardement a détruit une vingtaine de maisons et que la population est très démoralisée et voudrait se soumettre. (Note du chef du S.R. – un harcèlement par grosses bombes produirait certainement la meilleure impression et hâterai la soumission. Il est à désirer que l’expérience soit au moins tentée pendant un mois à raison de deux bombes par jour).
 
Les proclamations de Ramadan Chellache ont causé une certaine émotion au Djebel.  L’affaire du Leja aurait pour but d’y couper court et de faire pression sur le gouvernement pour obtenir de meilleures conditions de soumission qu’apporterait la délégation damascaine qui doit venir au Djebel druze.
 

Source Bosra – un émissaire sérieux venant d’Orman rapporte : les bandits des villages du Makran-Sud ci-après : Orman, Imtan, Melah, Kaissama, el Houia (avec leurs drapeaux), Salkhad, Bekka, Oum er Oumane et autres villages de l’Est (sans drapeaux) sont encore dans la région limitrophe du Leja.
 
Ces jours derniers, quelques-uns d’entre eux sont revenus dans leurs villages pour y chercher des vivres et sont aussitôt repartis avec du ravitaillement pour leurs camarades.  Sultan serait malgré tout décidé à attaquer le Leja, mais il estime insuffisante les forces actuellement rassemblées pour cette opération.  L’occupation du Leja le tente en vue de s’y réfugier au moment de l’avancement de nos troupes et de résister le plus longtemps possible aux Français.  De plus, les Damascains pousseraient à la roue, car ils espèrent par l’occupation du Leja couper toutes nos relations avec Damas.  Dans ce but, Sultan et Hamzé Derwich réclameraient des renforts, de très nombreuses lettres auraient été envoyées dans les villages du Sud où elles seraient accueillies plus ou moins froidement.  Le village de Kreié et des bandits isolés auraient cependant répondu à cet appel.
 
L’officier du S.R. a reçu ce jour deux lettres émanant, l’une de Hussein Pacha, de Anz, l’autre de Selim Hadjeli, de Mechkouk. Dans la 1ère Hussein Pacha proteste de ses sentiments amicaux et déclare être toujours resté neutre au cours de cette insurrection. Il est un peu méfiant et compte sur la bienveillance du gouvernement à l’égard de toutes les familles qu’il aura gagné à sa cause pour les mener, dit-il, dans le chemin de la France.  D’après l’émissaire, Hussein Pacha attend que les préparatifs de nos colonnes soient un peu avancés pour venir se soumettre.  Il craint en se livrant actuellement que sa maison et son riche mobilier ne soit complètement détruits par Sultan.
 
La lettre de Selim Hadjeli est empreinte de sentiments franchement plus sincères. Ce notable déclare que sa présence à Mechkouk est indispensable pour mener à bien la propagande francophile.  Ce n’est pas la crainte de voir sa maison détruite qui le retient au Djebel, dit-il, c’est uniquement pour servir la cause française.  Il déclare nettement qu’avant le départ de nos troupes, il viendra avec une grosse majorité des notables, se livrer au gouvernement.  L’officier S.R. est persuadé que les sentiments de Selim Hadjeli sont sincères.  Il y a lieu de remarquer que cette lettre aurait pu tomber entre les mains des Druzes, parvenir à Sultan et lui susciter les plus gros ennuis.
 
Le bombardement de Soueida par avion a démoli 40 maisons et tué 45 personnes.  L’informateur ajoute que si les bombardements avec ces grosses bombes se répétaient souvent, les villages se soumettraient rapidement sans conditions.

 
 
Signé E. Coustillière


Photo Wikipedia
Breguet XIV
Le Breguet 14 est un biplan conçu en France et utilisé comme avion de reconnaissance ou bombardier. Il a été fabriqué en un grand nombre d’exemplaires durant la guerre et au-delà de 1918. L'appui aérien est assuré par le 39e régiment d'aviation d’observation, dont le commandement est à Rayak (Liban) et disposant de 8 escadrilles équipées d'environ 60 à 70 Breguet XIV5.

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28 février 1926 – Bulletin de renseignements N° 48 – Correspondance N° 280/GD
Situation générale inchangée. La bande druze qui a pénétré dans le Leja, se déplacerait vers le Nord.  Son objectif serait un pont de la ligne du Hedjaz au KM 71.
Le cheikh Talal se déciderait à attaquer aujourd’hui 28 les Druzes en collaboration avec les partisans hauranais.
Le Hauran est calme.
Daher Kantar, de Kénaker est venu entretenir le chef du S.R. colonne de la situation et prendre ses instructions sur la politique à suivre et la propagande à faire.
Ibrahim Bey Atrach, capitaine de la gendarmerie et Ibrahim Hasbani, lieutenant de la gendarmerie, ont écrit une lettre de soumission.  Des laisser-passer leur ont été envoyés pour qu’ils puissent venir à Deraa causer de leur situation et recevoir des ordres.
Une lettre a été adressée par « le peuple druze » à M. le Haut-commissaire.  Elle résume les plus excessives revendications des extrémistes syriens mais ne parlent pas du Djebel druze.
Source Bosra – un informateur de Melah rapporte :
Un ravitaillement en vivres pour 10 jours et des munitions est parti avant-hier matin de Melah, Orman, Imtan, Salkhad à destination des bandes en bordure du Leja.  Des bandits, en raison de 4 ou 5 par villages, furent envoyés il y a 4 ou 5 jours du Nord à cet effet.  Ces individus auraient emporté des lettres adressées par Sultan aux chefs de villages en vue d’obtenir des renforts pour l’attaque du Leja.
De Melah, il est parti 35 hommes avec un drapeau, tous avaient environ chacun 70 cartouches.  Certains bandits du Sud auraient acheté personnellement des cartouches à raison de 10 pour un medjidié chez Assad Marouf et Salamou Abou Assalé d’Oum er Rouman qui en feraient le commerce.
Les bandes d’Orman, d’Imtan et de Melah forment un noyau compact tout dévoué à la cause de Sultan.
Fayez Faradj a envoyé dire à l’officier du S.R. par un émissaire chrétien qu’il avait pris bonne note des lettres reçues. D’après l’émissaire, Fayez Faradj penserait venir se livrer avant l’entrée de nos troupes dans le Djebel.  Sultan Atrach a envoyé une lettre à Abdulkerim el Hadji el Mogdad le prévenant qu’il avait ordonné à son frère Ali de rendre le bétail pris à certains propriétaires de Bosra à condition qu’à l’avenir les berges de cette dernière localité s’abstiennent d’empiéter sur les terrains de Kréié.
Signé : E. Coustillière

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