Bulletins renseignements mars.1926
Témoignages > Carrière militaire- E. Coustillière-1900-1937 > Soueida - 1926
1er mars 1926 – bulletin de renseignements N° 49 – correspondance N° 286/ GD
Le 28 février, les bédouins de Talal, les contingents du Hauran et les partisans hauranais se sont portés à l’attaque des Druzes qui sortaient de Djisra et Djedel. Après une vive fusillade qui dura environ deux heures, les bédouins et contingents hauranais, leurs munitions épuisées durent se replier ; les Druzes ne poursuivirent pour ainsi dire pas. Dans la soirée, les bédouins après s’être ravitaillés en cartouches reprirent l’attaque et refoulèrent les Druzes sur Djedel où ils les harcelèrent toute la nuit. Les pertes de notre côté sont de 5 tués et le nombre des blessés est encore inconnu. Les pertes druzes seraient plus élevées. Au jour, l’aviation bombarde Djedel où la présence de Sultan et d’autres notables est signalée. (Un appareil volant à 800m reçoit une balle dans son réservoir inférieur et atterrit à Ezraa sans incident).
Source Bosra – d’après informateur occasionnel, Hamad Bey d’Aéré serait avec les bandes druzes en bordure du Leja. Quatre chameaux chargés de vivres seraient partis hier de son village à destination de ces bandes. Un cheikh de la famille Amer ou Honeidi (non précisé) aurait été tué dans la région d’Ahiré du Nord ainsi que 4 Druzes par une bombe d’avion. Le nommé Saïd Zougeil de Gharié signale à Farès Bey que l’émir Chékib aurait envoyé tout dernièrement une lettre aux Druzes du Djebel ainsi conçue : « je vous ai déjà adressé deux lettres par l’intermédiaire de Rachid Bey Talia, aujourd’hui je suis d’accord avec vous pour la paix, mais il y aurait lieu cependant de ne pas trop se presser, de façon à obtenir le plus de concessions possibles. » Une cinquantaine de Druzes à pieds ont été signalées ce soir à 16h30 dans la région de l’Ouadi Zaatri (5 km au sud de Bosra). D’après un gamin qui ramassait de l’herbe dans cette région, cette bande était en embuscade pensant que les partisans de Bosra partiraient en tournée dans cette région. Quelques coups de canon ont été tirés dans ce ravin.
Source Daher Kantar – cheikh de Kenaker
Les lettres envoyées au Djebel n’arrivent pas à destination ; deux émissaires ont été saisis, et Sultan leur a fait couper la main à chacun ; 60 cavaliers d’Husni Saker surveillent spécialement les routes pour empêcher toute communication avec le dehors.
Abdulghaffar protesta énergiquement contre la brutalité de Sultan, Adel Arslan et Ogla, à propos de ces deux émissaires qui lui apportaient des lettres ; Ogla morigéné par Abdulghaffar et Hamad Bey a dû quitter Aéré où il était installé et retourner chez lui à Khraba.
Il y a 20 jour environ, Chaabandar, de connivence avec Sultan et Adel Arslan, a écrit une lettre qu’il ont signé du nom du général Andréa et où il était dit : « Peuple druze, comme les wahhabites sont près de chez vous et qu’ils ont comme projet d’occuper les pays du Djebel et du Hauran, je demande à ce que vous vous entendiez avec nous pour chasser cet ennemi qui va ruiner la Syrie et la réduire à champ de bataille ». Chaabandar lisait cette lettre en public en disant qu’elle affirmait la faiblesse du gouvernement français qui vient demander l’aide des Druzes pour chasser les wahhabites.
Signé : E. Coustillière


Origine : flickr
Un jeune Druze
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Situation le 1er mars 1926 – correspondance N° 287/GD
L’orage qui, depuis le 11 février, s’amassait sur le Leja a éclaté le (26 ?) au soir jour où une reconnaissance des partisans hauranais du lieutenant Kernag a échangé les premiers coups de feu avec les Druzes dans la région aDjedel-Dama.
Ceux-ci ont occupé le lendemain, sans rencontrer de résistance, les villages de Djedel et Djisra situés à l’extrême frontière du Hauran et du Djebel druze (ces villages sont même classés sur la carte d’état-major comme faisant partie du Djebel druze). Les bédouins s’étaient repliés, ceux de Talal Abou Sliman vers le sud-ouest, ceux d’Ahmed el Ghossein vers Mesmyé, les contingents hauranais vers Khabab (Khalib sur la carte), seuls les partisans restaient au contact. Le 27 l’aviation bombardait un parti de Druzes à Jeidel (ruines) au nord-est de Djedel et la journée se passait sans combat. Dans la soirée, Talal a annoncé son intention de commencer à attaquer les Druzes le 28. Dans la nuit, un parti druze se glissait vers le Nord-Ouest et détruisait la gare de Djebab en coupant la voir sur 650m à son voisinage. Le 28 tous les contingents bédouins et Hauranais se portaient sur Djedel d’où les Druzes débouchaient et la bataille, commencée par les bédouins de Talal, dura avec des vicissitudes diverses 2 heures environ au bout desquelles les Hauranais, dont les munitions s’épuisaient, se décrochèrent sans difficultés et regagnèrent leurs bases de départ. De notre côté, 5 tués et 2 blessés graves (évacués du Deraa).
Mais les bédouins de Talal s’étant réapprovisionnés en munitions recommencèrent le combat pour leur compte, et refoulèrent les Druzes sur Jeidel et Djedel où ils les harcelèrent toute la nuit.Telle est la situation le 1er mars au matin. Vers le 25 elle a été inquiétante, les bédouins et les Hauranais paraissant peu disposés à s’opposer à la marche des Druzes qui leur avaient écrit une lettre par laquelle ils assuraient qu’ils n’inquiéteraient point le Hauran mais occuperaient le Leja qui n’avait pas à lui entier la valeur des biens que leur avaient pillés les bédouins slouts. Cette lettre habilement exploitée par le lieutenant Kernag, décida les bédouins à défendre leurs terrains ; une action politique énergique menée à Deraa par le S.R. ranima la volonté chancelante des cheikhs hauranais qui paraissent mieux s’opposer à l’avance des Druzes dans le Leja.
Il importe toutefois que nous puissions assurer le ravitaillement en munitions de ces volontaires qui en possèdent peu et que nous soyons à même de fournir dans le plus court délai les armes qui nous sont demandées. Les guerriers ne manquent point, mais n’ont plus de fusils, laissés en petit nombre dans le pays après le désarmement de 1920-1921.
Le cheikh Amed el Ghossein, qui ne possède que 50 fusils s’était replié sur Mesnyé où il avait à son campement les réfugiés chrétiens. Le 1er mars au matin, il s’est porté en reconnaissance vers le Sud-Est où des cavaliers druzes avaient été signalés.
Les moyens dont disposent les deux cheikhs bédouins sont faible et ne dépassent pas 200 fusils à eux deux. Leur hésitation à s’engager contre des forces certainement doubles et très grossies par la propagande druze s’explique. Elle s’explique aussi par la mentalité orientale, et bédouine en particulier, les tentatives de tractations, les efforts de la politique nationaliste syrienne. En fait, ils ont marché dans le sens que nous désirions, et nous nous efforcerons de les maintenir dans cette voie jusqu’à la fin de la crise.
De même, les cheikhs du Hauran, grands palabreurs, riches en promesses n’ont pas fourni tous les hommes qu’ils avaient promis. Il a fallu les pousser, mais en définitive, ils ont envoyé des contingents qui seront en place à Khabab le 2 mars. Pour le moment, les résultats de l’emploi d’irréguliers ne sont pas à dédaigner. Etant donné la disposition de la voie ferrée qui s’étire en bordure de la lave, dans un pays très peu peuplé, il ne paraît pas possible d’éviter qu’elle soit avariée, si telle est la volonté des bandes druzes qui sont encore dans le Leja, mais tous les efforts seront faits pour la protéger et pour repousser les Druzes dans leurs limites.
Au Djebel druze, la situation est inchangée. Sultan et ses acolytes ont pris des mesures très sévères pour empêcher la communication entre les habitants et le S.R. . Deux émissaires, surpris porteurs de lettres pourtant adressées à Abdulghaffar ont eu le poignet droit coupé et leurs mains ont été exposées, clouées à la porte d’un magasin du souk.
Pourtant, le désir de soumission continue à se manifester : les notables de Néjran sont venus à Deraa, le cheikh de Kenaker également ; d’ex-officiers de gendarmerie ont demandé des sauf-conduits pour venir se présenter à nous. Il est certain que ces manifestations paraissent aujourd’hui platoniques ; les notables reconnaissent qu’ils sont incapables de résister aux exigences des rebelles qui agissent à l’occasion avec la dernière brutalité. Mais tous assurent qu’aussitôt que la force française s’affermira et se présentera, les dirigeants du mouvement actuel n’auront plus qu’à s’enfuir.
Le bombardement de Soueida a frappé les imaginations et il est certain que s’il avait été possible d’exécuter un harcèlement lent avec de grosses bombes de 116 kilos, l’effet moral et matériel eut influé énormément sur l’avancement du travail politique, des objectifs tels que des réunions de Sultan et de ses conseillers ne pouvant être signalés aux échelons supérieurs à temps pour qu’ils puissent intervenir.
Monsieur de Jouvenel avait répondu à la lettre signée « le peuple druze » par une invitation à la soumission et la promesse de l’exécution de certaines mesures libérales. A nouveau, un factum lui a été envoyé, dans lequel les prétentions des ultra-nationalistes syriens sont poussées à l’extrême. C’est la folie de Chabhandar qui continue aux dépends de la Syrie en général et du Djebel druze en particulier. La situation au 1er mars mérite donc de retenir toute notre attention, à cause surtout de la menace qu’elle fait peser sur nos communications ferroviaires en une saison où ne pouvons espérer de longtemps utiliser d’autres moyens pour nos transports.
Les intentions de Sultan et de ses conseillers sont claires : ils veulent retarder le plus possible l’entrée des troupes au Djebel druze, sachant que ce sera la fin de leur éphémère tyrannie. Dans ce but, ils feront l’impossible pour tenir au Leja d’où ils peuvent gêner nos communications et nos ravitaillements.
Signé : E. Coustillière

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Renseignements du 5 mars 1926 midi
Le bombardement de Sour el Leja le 4 a tué 10 Druzes et 5 chevaux. Parmi les tués : Faiz Chalghiné de Samid ; Hossein Zeinédiné d’Ahiré ; Abdulghaffar Pacha a été sérieusement blessé à l’épaule et au bras gauches, sa jument a été tuée.
Sultan était à Dama le 4. Il avait envoyé une lettre pour attaquer Khabab.
Brahim el Attrach, Haiel Kinj Amer, émir Arslan, Emin Amad, présents à Sour el Leja ont objecté qu’il y a de la troupe. Il reste inconnu si une décision a été prise.
Les coupures faites à la ligne de chemin de fer au nord de Mesmyé sont exécutées par Hamzé Derwich et 80 cavaliers qui séjournent au sud-est de Mesmyé.
Guirata est occupé de jour par les Druzes qui se retirent la nuit à Sour ; Boer et Nedjik ne sont pas occupés.
Le contingent de Kanaouat a subi le 2 mars des pertes sérieuses du fait du feu des bédouins de Talal. (Renseignement recoupé).
Aucune action ne s’est produite le 4.
Signé : E. Coustillière


Origine : pinterest
Paysage du Hauran
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6 mars 1926 – bulletin de renseignements N° 52 – correspondance N° 308/GD
La période de 24 heures a été calme. Les Druzes ont enlevé un troupeau de moutons à l’est de Khabab. De plusieurs sources, l’attaque de Khabab avait été annoncée pour le 5 au soir, juste au moment où la garnison en était retirée. La tempête et la pluie ont à point nommé fait renoncer les Druzes à leur projet, du moins momentanément. Khabab est le village de Monseigneur Cadi, évêque du Hauran et il est extrêmement important au point de vue politique de le conserver intacte. En outre, sa prise par les Druzes serait du plus mauvais effet pour la politique générale dans le Hauran.
Les chefs hauranais ne manifestent pas d’enthousiasme pour pénétrer dans le Leja dont ils connaissent les dangers. Mais ils ont consenti à assurer la garde la voie ferrée de Mesmyé à Ezraa. Une réunion a eu lieu le 5 au soir à Khabab, chez Monseigneur Cadi, dont les décisions ne nous sont point encore connues.
Les bédouins marcheront certainement pour reprendre le Leja quand ils seront assurés de l’appui des troupes du gouvernement.
Au Leja, les Druzes ont déjà subi des pertes sensibles, aussi bien par le feu de ses défenseurs que par les bombardements des avions en reconnaissance.
Depuis le 27 février, le Makran-Ouest a, à lui seul, supporté les pertes suivantes : tués Nejran : 3, Chakka : 2, Mourdouk : 5, Nemré : 3, Douéré : 1, Ahiré : 4, Loubbein : 1. A Dama, sont soignés 7 blessés couchés étrangers au village. Le cheikh de Loubbein aurait eu les deux cuisses traversées par une balle.
Source Bosra – des renforts continuent à être envoyés du Makran-sud dans le Leja. Une femme d’Aéré déclare avoir vu passer le 4 mars trois drapeaux à l’est de ce village. D’Aéré même, un prélèvement de bandits a été fait qui doit partir incessamment. Toutes les familles ont été imposées d’une certaine quantité d’argent en vue de payer les appointements de ceux qui partent dans le Leja. On raconte à Aéré que 4 grands chefs auraient été tués, mais les noms resteraient cachés. (Des renseignements seront recherchés).
Il y a 8 jours qu’une automobile venant de Transjordanie est passée par Dibine. D’après les dires de certains villageois, elle contenait 4 voyageurs dont les noms de trois d’entre eux ont été donnés : Chafik el Kadi, Ibn el Atem et Zagloul Pacha. Ces voyageurs seraient repartis du Djebel 4 jours après. La présence de ce dernier personnage paraît étrange. L’officier S.R. donne ce renseignement sous la plus grande réserve à moins qu’il ne s’agisse de Chaabandar, surnommé « Zagloul Pacha de Syrie » par les patriotes syriens.
Une femme venant d’Aéré, signale qu’une vingtaine de bandits de Meijeimer et d’Aéré avec un attirail d’outils serait partie la nuit dernière en direction de Kharaba, en vue de couper la voie ferrée Deraa-Bosra.
Renseignement reçu à 18h30 (donné sous toute réserve).
Un informateur occasionnel venant d’Oum Oualed rapporte : des cavaliers druzes venant dans cette localité ont raconté que Sultan avait été blessé dans le Leja, et que les bandits de Soueida ont subi de très fortes pertes le 4 mars (de plus amples renseignements seront recherchés).
Source Farès Bey – Hamad Bey blessé légèrement aurait envoyé une lettre à Assad Bey lui disant d’empêcher que le drapeau d’Aéré parte au Leja.
Brahim Bey et Naef Bey, neveu d’Abdulghaffar, auraient été tués dans le Leja.
Source Housni el Farra – commerçant de Damas revenant du Djebel druze le 5 mars.
Hassan el Kharrat, chef de bande de Amara à Damas, n’est pas arrivé au Djebel ; il a certainement été tué dans la région de Damas. Dib el Cheikh, chef de bande de Amara à Damas fut blessé et se rendit au Djebel pour se soigner ; il est ensuite retourné à Damas.
Les Druzes sont en très mauvais état par suite du manque d’argent et de provisions ; ils n’auraient rien reçu du dehors, sauf une automobile chargée de médicaments envoyée par la société syrienne d’Egypte.
La plupart des Druzes ne veulent plus continuer par suite de leur pauvreté ; ils sont toujours poussés par Sultan qui a décidé dernièrement d’envoyer le quart des hommes de chaque village pour l’attaque du Leja dont il était le chef ; Sultan se trouve actuellement au village de Jedel (Leja) avec Abdul Ghaffar Attrach.
Nessib el Bakri se trouve actuellement à Soueida, il ne commande aucun bandit ; il a vendu dernièrement son pistolet par suite de manque d’argent. Chaabandar est aussi à Soueida ; il est le bras droit de Sultan, mais le commandement est entre les mains de ce dernier.
Signé : E. Coustillière


Origine : Pinterest
Combattants druzes
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7 mars 1926 – Correspondance N° 316/GD
J’ai l’honneur de vous accuser réception de la note de service N° 1544/4 du 3 mars 1926 qui m’est parvenue le 6/3/1926 à 14 heures. Il était impossible de lui donner satisfaction car il semble qu’aucun compte n’ait été tenu lors de sa rédaction des délais nécessaires à la transmission des ordres et aux marches de rassemblement des chameaux.
Le mauvais temps qui rend les pistes glissantes et absolument impraticables à ces animaux rendait en tout cas impossible l’exécution de cet ordre.
Si l’état météorologique le permet, les animaux seront rassemblés en nombre appréciable le 11 mars et certainement le 14.
Je vous transmets copie de la réponse que m’a faite le Chef du Bureau des renseignements du Hauran, je m’associe entièrement à ses conclusions.
J’estime dangereux de diriger sur Kuneïtra, à travers le Hauran, dans la situation actuelle, un convoi de cette importance avec une escorte aussi faible (et j’ajouterai d’aussi piètre qualité).
Nous ne pouvons répondre de ce qui se passera aux abords de Kuneïtra, ni de l’attitude des Hauranais de cette région en cas d’accident.
Signé : E. Coustillière

Note manuscrite en marge « faire renforcer l’escorte par l’escadron de spahis montés et au besoin une Cie de Tirailleurs à prendre sur le détachement.
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Deraa
le 6 mars - Copie
de la réponse faite par le Chef du Bureau des renseignements à Deraa
…………….
Les ordres
sont donnés pour que la gendarmerie actuellement à Khabab passe
dans les villages et rassemble les 800 chameaux pour le 11 à midi.
Les
30 gendarmes seront également à Ezraa pour la même date.
J’estime
que si les pistes sont sèches les animaux pourront en grande partie être prêts
à cette date.
Dans
le cas contraire les villageois ne laisseront pas circuler leurs chameaux de
crainte de nombreux accidents.
J’estime
en outre devoir faire remarquer que l’escorte devant accompagner ce convoi
important est très insuffisante.
Les
rebelles qui sont à Dounine, Chevkatié, s’ils
apprennent ce déplacement, et ils seront à même de le savoir, ne manqueront pas
de venir attaquer le convoi dans les environs de Harra…
J’ignore,
étant donné le terrain et la longueur du convoi si 80 fusils sont
suffisants pour protéger efficacement le convoi.
La
région Naoua, Hacem, qui est d’ailleurs très
douteuse en ce moment ne manquerait pas d’aider au pillage si ce dernier
pouvait avoir lieu.
Signé : Huguenet
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12 mars 1926 – Bulletin
de renseignements N° 58 – correspondance N° 331/GD
Le Hauran
est calme. Depuis l’arrivée des troupes
à Khabab l’état des esprits s’est plutôt amélioré et toute
crainte au sujet d’un mouvement dans le présent est écartée. Aussitôt que l’état de l’atmosphère permettra
au groupement Martin de circuler la situation s’améliorera encore mais les
précipitations d’au abondantes ont rendu absolument impraticable la région Mesmyé-Ezraa
et le temps reste toujours à la pluie.
Peu de renseignement sur
le Djebel druze où la résistance à notre avance commencerait à s’organiser.
Voie ferrée coupée le 10
au matin, au KM 82 (entre Mahadje et Ezraa) sur 200
mètres.
Source Ezraa – un informateur a vu le 9
arriver à Mejdel Nessib Bakri, Adel Arslan, Sayah el Hammoud et 2
Damascains restés inconnus avec 30 cavaliers. Ils venaient discuter avec
Fadlallah Pacha Honeidi. Il fut
décidé :
a)
En
prévision de l’entrée des Français au Djebel, de barrer les chemins avec des
rochers chaque village obstruant les siens,
b) Pour lutter contre les défections, de
piller les partisans de la soumission,
c)
Pour
lutter contre l’espionnage, de tuer tout chrétien qui émigre ou qui rentre au
Djebel.
Pendant la réunion est
arrivée une lettre signée de 4 Afaouid : Ali el Hannaoui, Ahmed el
Hadjari, Hassan Jerbouh, Mahloud Abou Faker, demandant des renforts de chaque
village pour le Leja, en proportion des habitants et que les
cheikhs fassent les propositions nécessaires.
Husni Saker a été chargé
de l’exécution de ces demandes.
Source Bosra – un informateur occasionnel venu
de Salkhad signale que deux automobiles venant du Sud seraient
rentrées ces jours derniers au Djebel amenant des Palestiniens. On raconte à Salkhad qu’une
somme de 15.000 livres sterling destinée aux Druzes aurait été confisquée par les
autorités anglaises au passage de ces automobiles, à la frontière de
Transjordanie. (Sous toute réserve)
Un émissaire envoyé hier
dans le Djebel a été arrêté à Sekka par des Druzes, conduit chez
Ali Bey à Kréié puis de là dirigé vers le Nord pour être présenté
à Sultan.
Signé :
Le chef du S.R. de la colonne : E Coustillière

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14
mars 1926 – correspondance N° 346/GD
A
Monsieur le général commandant les régions de Damas et du Djebel druze (à
Damas)
………/…………
Je
recommande à votre bienveillante attention les demandes de récompense (dans un rapport du lieutenant Kernag)
dont trois intéressant des femmes qui ont accompagné des combattants
hauranais pour les encourager et il serait d’un excellent effet de reconnaître
publiquement leur courage et leur dévouement.
Je
crois qu’une citation à l’ordre de la Division suffirait à tout ce monde.
…/…
Signé :
E. Coustillière

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16
mars 1926 – Bulletin de renseignements N° 60 – correspondance N°345/GD
Le
calme continue de régner dans toute la région. Au Hauran, on
signale une bande dans la région Nord.
Elle aurait passé la nuit du 11 au 12 mars au village de Téha.
Le 12 elle est allée à Agraba où elle a passé la nuit. Le chef de
cette bande est Ali Farah, ex-moktar de Rokata. L’effectif serait
d’environ 100 hommes.
Dans
le Djebel druze l’inquiétude commence à régner, on parle de l’arrivée prochaine
des colonnes françaises et chacun pense à soi.
Aussi depuis deux jours les rassemblements druzes au Léja paraissent se
dissoudre, les guerriers restent chez eux inquiets de ce qui s’y passe et aussi
parce qu’ils souffrent au Léja de la faim et de la misère. Il n’y aurait plus que 3 à 400 hommes dans ce
secteur.
Les
bédouins, en revanche, semblent prendre courage. Talal a manifesté nettement
son intention de réoccuper les villages, il a convoqué ses fractions et les a
averties qu’il était toujours rallié à la cause française et qu’il les
engageait à l’imiter et à le suivre.
Le
point qui doit actuellement retenir notre attention c’est donc cette région
Nord-Ouest du Hauran où se déplace la bande Ali Farah.
Source
Bosra –
l’émissaire Mahmoud el Koueder arrêté par les Druzes à Bekka et
conduit à Kréié a été menacé hier matin par Ali Bey après avoir
passé une journée en prison, et avoir été fortement molesté. Il doit son
élargissement au fait de s’être débarrassé avant son arrestation de la lettre
que lui avait confiée l’officier du S.R.
Ali
Bey rentré à Kréié avant-hier soir après une absence de quelques
jours, aurait demandé à l’informateur des renseignements sur l’importance de la
garnison de Bosra, et sur la surveillance de la voie ferrée Bosra-Deraa.
L’informateur
déclare en outre avoir entendu dire à Kréié que Sultan était
blessé à l’épaule.
Le
fils d’Ogla el Kitani avec trois autres Druzes venant de Kharaba,
rodant aux environs du village de Maharbé ont blessé un habitant
de ce village qui ramassait des herbes à travers champs. Poursuivis par les
villageois, les Druzes ont pris la fuite en direction de Kharaba. Un compagnon du blessé est venu prévenir
l’officier du S.R. que 300 Druzes avaient attaqué le village de Maharbé,
a été mis en prison pour faux renseignements.
Quatre
automobiles de certains garages d’Amman sont actuellement en circulation dans
le Djebel, elles porteraient respectivement les N° ci-après : 42 – 44 – 57
(..84).
Source
Khabab – le cheikh
Talal Abou Sliman est venu se présenter à Khabab. Il demande que l’officier S.R. du Hauran
intervienne auprès des chefs de villages limitrophes du Leja pour
que ses bédouins qui sont actuellement dans la misère puissent se ravitailler,
les Hauranais depuis l’entrée des Druzes au Léja ayant adopté une
attitude hostile envers eux. Talal
reconnait que lui et ses bédouins ne se sont pas opposés très énergiquement
pour empêcher les Druzes d’occuper le Léja.
Il en rejette la responsabilité sur le gouvernement qui ne lui a pas
fourni de fusils ; sur Ahmed el Ghossein qui s’est replié sur le
Nord ; et sur les chefs du Hauran qui n’ont pas tenu leur
promesse de le secourir en cas d’attaque.
Talal
demande l’autorisation de regrouper ses bédouins à Eïb, 3 km
Nord-Est de Khabab pour pouvoir s’entendre avec Ahmed el Ghossein et essayer de
reprendre Sour el Leja et Assem.
Cette
autorisation lui est accordée par le commandant du Groupe mobile.
Signé :
Le chef du S.R. de la colonne : E Coustillière

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23
mars 1926 – bulletin de renseignements N° 66 – correspondance N° 386/GD
Situation
générale
Au
Hauran. – une propagande intense est faite actuellement dans le Hauran
dans le but de soulever cette région.
Un
émissaire rentrant de Kréié rapporte un tract tiré à la polycopie
qui est un véritable appel à la guerre.
D’autre
part il est signalé que des rebelles auxquels se sont joints des bédouins du Leja
qui ont abandonné Talal parcourent le Hauran. Un de ces détachements d’un effectif de 40
hommes est venu dans la nuit du 21 au 22 au village de Namer
(près de Kherbet Ghazalé) a pillé les maisons des chrétiens sans
toucher aux maisons des musulmans. Ce
fait est à retenir, il dénote un état d’esprit spécial. Les chrétiens de Namer
se sont réfugiés à Ezraa.
Source
Khabab –
l’effectif druze au Leja est recomplété 6 à 700 Druzes
occuperaient à nouveau le Leja.
El Taf serait réoccupé.
Les points sensibles à surveiller particulièrement semblent être la
région entre Ezraa et Ghazalé et la région en
bordure du Léja.
La
région du Djeddour est toujours extrêmement travaillée par la
bande de Fadallah el Atrach et Ali Farhat de Bogata.
Région
de Kuneitra –
l’officier du S.R. de Kuneitra a téléphoné ce matin à Deraa pour
demander des nouvelles de la situation générale de la région. L’attitude des Tcherkess aurait changé ;
une grosse inquiétude règnerait parmi cette population qui a l’impression
d’être entourée de menaces qui semblent devenir assez pressantes.
Source
Bosra –
a) D’après un informateur on commente
sérieusement le dernier bombardement de Soueida et l’effet des bombes
sur les maisons a impressionné considérablement la population.
b) Une réunion de notables aurait lieu le
23 à Gharié – Abdulghaffar, Hamad, Mooteb, Sayah et Hammoud
assisteraient à cette réunion ; les Mouktars de Anz, d’Oum
el Rouman et de Orman auraient été
invités par lettres à y assister. Le but
avoué de cette réunion serait de contraindre les habitants de Gharié
à partir dans le Léja. L’officier du
S.R. Bosra suppose qu’il s’agit de discuter des mesures à prendre en vue de
l’entrée de nos troupes dans le Djebel.
c) Groupement du Léja. D’après informateur sérieux de nouvelles
demandes de renfort pour le Léja seraient faites par Sultan dans
certains villages du Makran-Sud.
Hier à Orman, le crieur
public a invité la population à répondre à l’appel de Sultan. Les rigueurs de la température de ces temps
derniers avaient contraint une grosse partie des bandits du Sud à quitter le Léja
pour réintégrer leur village.
L’informateur déclare qu’avec le beau temps tous ces bandits se
prépareraient à repartir.
d) Un informateur sérieux signale :
Brahim Mesbah, Druze du Liban, venu au Djebel depuis 4 ou 5 jours aurait
raconté que le gouvernement chérifien vient de donner des ordres pour que tout
Druze séjournant en territoire transjordanien soit immédiatement expulsé. Brahim Mesbah d’après le signalement donné
serait d’aspect tout à fait européen : il serait actuellement à Soueida.
Signé :
Le chef du S.R. de la colonne : E Coustillière

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25
mars 1926 – correspondance N° 397/GD
A
Monsieur le général Andréa commandant les troupes de la région de Damas et du
Djebel druze (à Damas)
J’ai l’honneur
d’accuser réception de la note 2512/ES/4 du 23/3/26 du chef du S.R. de l’Etat
de Syrie qui vous a été adressée pour information.
Lorsque le chef du
S.R. du Levant a écrit sa note de service N0 534/KI du 19/3/26, il n’avait
pas reçu copie de ma lettre 376/GD du 19/3/26, dont les conclusions conservent
encore toute leur valeur.
Le temps pressant, je
demande que S.R. du Djebel druze soit reconstitué, c’est-à-dire que l’escadron hauranais
qui est en voie de reconstitution et qui a été jusqu’à présent commandé et
administré sous le contrôle du chef du S.R. de la colonne soit passé à son chef
naturel le chef du S.R. du Hauran. C’est conforme à l’organisation créée par la
note 35/E.S.G. du 17/3/26.
Mais alors le
lieutenant Bonnet doit être déchargé de cet escadron qui doit être remis au
lieutenant Decaix ou à tout autre officier.
Je demande qu’une
décision soit prise d’urgence pour :
- Relever le lieutenant Bonnet de l’encadrement
du 17è escadron de garde mobile et le remettre à ma disposition.
- Remettre le lieutenant Decaix à la
disposition du S.R. du Hauran ; je ne puis pas avoir, en colonne, besoin
de cet officier mais je désire avoir les miens à mon entière disposition.
Signé :
E. Coustillière

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30 mars 1926 – Réponse du
général Andréa commandant les troupes de la région de Damas et du Djebel druze
Pour attributions.
J’approuve pleinement les
conclusions du rapport du chef de bataillon chef du S.R. de la colonne et estime
en conséquence que le commandement de l’escadron hauranais doit être passé à un
officier de renseignement du Hauran afin que le lieutenant Bonnet puisse rester
entièrement à la disposition du S.R. de la colonne.
Andréa avait prévu de s’appuyer, dès début avril, sur le clan
Amer, rival d’el Atrach.
Les Britanniques sont largement soupçonnés de soutenir la
rébellion druze.