Bulletins renseignements avr.1926
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Bédouins
8 avril 1926 – Bulletin de renseignements N° 80 – correspondance N° 446/GD
Toute la région est calme : des pluies abondantes qui tombent depuis 48 heures rendent la circulation à peu près impossible et détrempent à nouveau le terrain.
Rien à signaler dans le Hauran.
Dans le Leja les bédouins se regroupent autour de Talal Abou Sleiman et paraissent disposés à attaquer les Druzes pour reprendre au moins Sour el Leja et s’assurer la possession de leurs récoltes. Comme nous l’avons déjà signalé ils demandent un soutien. Nous ne pouvons leur donner les fusils que nous leur avions promis, ni engager des troupes régulières à leur suite. Mais il serait avantageux de placer, au moins momentanément, une section de 75 à Khabab d’où il est possible de bombarder une bonne partie du Leja ; les bédouins trouveraient un très grand encouragement dans cet appui et attaqueraient avec plus de confiance après une préparation d’artillerie sur leurs objectifs.
Des lettres ont été adressées dans le Djebel druze à tous les individus avec qui le S.R. a noué des relations, pour les engager à entreprendre une propagande pacifique afin de préparer l’entrée des troupes au Djebel et éviter l’exode des populations.
Source Khabab du 6 avril ... – Les bédouins Ramman ont attaqué le 5 les groupes druzes déjà attaqués à Eib, en ont tué un et ses sont emparé de son cheval et de son fusil.
Des Druzes du Djebel venant au secours jusqu’à Djamra furent repoussés par les bédouins jusqu’à Djedel.
Des Druzes de Sour venus jusqu’à Zebaïr aux bruits des coups de fusils, ont pu razzier quelques moutons aux bédouins, à cette occasion.
Dans l’après-midi du 5, Talal et les bédouins sont venus camper auprès de Khabab.
Les gens de Tibné malgré la présence de 40 partisans et le prêt de 4 fusils avec munitions ont abandonné leur village.
Les efforts dont faits pour les faire rentrer de Majhadjé à Tibné.
Source Khabab du 7 avril 1926 – L’émissaire ayant convoqué bédouins du Sud, revenu, déclare :
Les Madalgé campés au sud de Messeiké et les Lazouk campés au sud-est de Boer mettent leurs biens à l’abri près d’'Ezraa. Journées 6 et 7 se présenteront à Khabab le 8 matin, les Madalgé se sont chargés de prévenir les Chraa et les Faouakbré au nord de Boer el Hariri. Sliman Douekis et Talal el Alouan des Trammah se sont déclarés ouvertement le 7 au matin, prêts à marcher avec Talal ainsi que Saïd el Haref de Dékré. A une question précise posée de savoir s’il pourrait tenir Sour el Leja une fois réoccupé, Talal a répondu que tous les Arouané sont d’accord à ce sujet pour résister jusqu’au dernier. Il est donc probable que les bédouins vont harceler les Druzes dès demain 8 pour réoccuper Sour au moins et sauver ainsi ce qu’ils pourraient de leurs récoltes.
Il est indispensable d’appuyer leurs efforts et la venue à Khabab d’une pièce ou d’une section de 75 est nécessaire.
Le deuxième Druze tué à Eib est Faiez fils de Farhan Azzam d’Ahéré. Zeid Sahouani cheikh de Rédeimé était parmi les quatre qui échappèrent.
Fayad el Hammoud commande la bande signalée le 7 marchant vers les Nord.
25 tentes de bédouins Ataïka (Djebel druze) à la suite d’un conflit avec Nejran et Rimet el Fekheur sont venus camper à l’ouest du Hauran. D’après ces bédouins, les Druzes voudraient disperser les bédouins du Leja pour y avoir leur liberté d’action.
Source Bosra du 6 avril 1926 – Le frère de Nasser et Mehlem venu de Kréié signale : Sultan a assisté, à la source d’Ahéré, au renouvellement des funérailles d’Hamad Bey. Il aurait pris la parole et dit textuellement ce qui suit :
« Je m’aperçois que nombreux sont actuellement les notables druzes qui optent pour une soumission au gouvernement. Je vous demande de me déclarer franchement ce que vous comptez faire. Ou vous êtes décidés à continuer la lutte et je reste avec vous, ou vous vous désistez et dans ce cas mes chameaux étant prêts je quitterai le Djebel. »
La plus grande part des notables qui assistaient à cette réunion auraient poussé des cris de guerre en déclarant qu’ils étaient décidés à continuer la lutte.
L’informateur druze déclare cependant que les Druzes en ont assez et que la plupart attendant l’arrivée d’une force imposante à Soueida pour se soumettre et profiter ainsi de leurs récoltes. Il ajoute en outre que la misère est de plus en plus grande et cite par exemple certains villageois de Messab (près de Soueida) qui pour toute nourriture n’auraient que les herbes qui poussent dans les champs.
Hier soir vers 20 heures une centaine de coups de fusils ont été tirés vers l’Ouadu situé entre Jémarime et Maharbé. D’après les renseignements recueillis il s’agirait de 2 groupes de pillards druzes qui dans la nuit échangèrent des coups de fusils avant de se reconnaître.
Un Druze de Hout venant de la gare de Feden (Transjordanie) où il était allé chercher du maïs s’est égaré au retour et est venu échouer dans la région de Bosra où il fut arrêté. Il raconte que presque tous les Druzes du Makran-Sud se ravitaillent en vivres à Amman ou à la gare de Feden.
400 travailleurs prestataires de Bosra ont commencé cet après-midi à nettoyer le nouveau champ d’aviation. Ce chiffre sera porté à 600 demain avec l’appoint de certains villages environnants.
Source Bosra du 7 avril 1926 – Un informateur de Samak signale :
J’ai appris d’un serviteur d’Ali el Atrach que Sultan aurait envoyé une lettre à ce dernier lui réclamant un contingent de 50 hommes pour le Leja. Ali Bey aurait immédiatement envoyé des lettres dans le Makran-Sud pour le recrutement de ces bandits qui se sont mis en route hier : ils seraient destinés à faire partie d’une bande commandée par Zeid dont la mission serait de couper la voie ferrée dans la région du Nord.
L’informateur dit avoir compris de plusieurs conversations qu’il a eues avec certains Druzes que Sultan prendrait en personne la direction de toutes les bandes devant opérer contre les troupes françaises.
Même source – La majorité des Druzes qui considère désormais Hassan Bey comme l’émir du Djebel aurait demandé à ce dernier de présenter sa soumission au gouvernement dans le but de prendre en mains l’intérêt de tous les Druzes au cas où les troupes françaises entreraient au Djebel en vainqueurs.
Autre source – Sultan aurait acheté pour 1.000 livres turques-or de céréales destinées à assurer l’alimentation des bandits du Leja. Une partie des grains aurait été achetée à Soueida, le reste à Amman. Hassan Bey d’Ahéré aurait mis gratuitement ses moulins à la disposition de Sultan pour faire moudre ce grain.
Au cours de la réunion à la source d’Ahéré, Mooteb a prié un membre de la famille Raad de Dibine de dire à Farès Bey qu’il désirerait lui parler pour des questions intéressant l’avenir du Djebel.
Farès Bey a fait dire à Mooteb de lui préciser par lettre le but de cet entretien.
Signé : le chef du S.R. de la colonne E. Coustillière

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10 avril 1926 – Bulletin de renseignements N° 81 – correspondance d N° 451/GD
Les Druzes exécutent sur les voies ferrées les destructions prévues. Le point habituel est la région Mesmyé – KM 44 –. Coupure le 9 avril ; coupure le 10 avril avec incendie de wagons de marchandises, vides – Il est à craindre que cette situation ne fasse que s’aggraver pendant les opérations –.
Le fait le plus intéressant de ces jours est l’exode de la population de l’Hermon dans le Leja.
Le 8 avril vers 20 heures le lieutenant Decaix qui se trouvait à Khabab entend une fusillade intermittente dans le Nord. Le chef de gare lui signale la présence de Druzes à Djebab. Avec 40 partisans cet officier se met en route, arrivé vers 23 heures au village chrétien de Bassir. A cinq heures, le 9, il voit à Djebab des masses importantes de population et de bétail contournant le village par le Nord, harcelées par les bédouins de Talal et de Ahmed el Ghossein.
Se portant au KM 49 sur Eib, il reste en contact toute la journée avec les groupements qui rentrent au Leja.
D’après les traces constatées, les Druzes de l’Hermon sont rentrés au Leja en 4 groupes comprenant en tout femmes, enfants, blessés de l’Hermon, 4.000 têtes de bétail, escortés par 300 guerriers du Djebel.
Vers 10 heures, le 9, un second convoi à peu près équivalent est vu au nord de Djebab à Telle Youchaa. Mais les chevaux des partisans et les hommes sont à bout. L’objectif est signalé à l’aviation de Deraa : un appareil va survoler le Leja où il constate que le mouvement de migration continue vers l’Est, en direction de Rédémé.
Dans cette affaire, la conduite des bédouins a donné toute satisfaction. Les Druzes ont laissé environ 30 tués sur le terrain. Les bédouins ont perdu 1 tué, 3 blessés, 2 prisonniers ; un volontaire chrétien a été blessé. Les pertes les plus lourdes ont été supportées par la famille du cheikh Talal Abou Sleiman.
Source Bosra – Un informateur de Samadk signale :
J’ai appris d’un Druze venant d’Orman qu’une réunion aurait eu lieu ces jours derniers dans le Makran-sud, au cours de laquelle tous les Druzes de cette région du Djebel auraient examiné l’opportunité d’une soumission au moment de l’entrée des troupes françaises à Salkhad ; la plupart des chefs de la famille Atrach et tous ceux qui n’ont pas la conscience tranquille sont en train d’expédier leur mobilier dans les villages de la frontière sud et sud-est du Djebel.
Ceux qui ne quittent pas leur village ont l’intention de se soumettre.
Actuellement, dit l’informateur, il suffit d’une importante colonne dans le Makran-sud pour que tout le monde se soumette depuis Imtan jusqu’à Salkhad.
Même Bosra – Merry Hatoum de Dibine avec six cavaliers (2 de Dekka et 4 de Dibine) surveillent toujours la région de Bosra et plus particulièrement l’arrivée des trains dans cette localité dans le but de se rendre compte de l’importance des troupes qui débarquent. Sultan lui aurait envoyé dire de dynamiter la voie ferrée pour faire sauter les trains venant de Deraa comme il le fait lui-même entre cette dernière localité et Damas.
Signé : le chef du S.R. colonne – E. Coustillière

Le vent tourne pour les Druzes… Ces derniers redoutent une reprise en main par les forces françaises.
Sultan a de plus en plus de difficulté à rassembler autour de lui.

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Population du Djebel druze
11 avril 1926 – Bulletin de renseignements N° 82 – correspondance N° 454/GD
Calme général. Rien à signaler qu’une coupure de la voie ferrée au nord de Mesmyé.
D’après les renseignements recueillis il ressort que les convois druzes étaient divisés en 2 tronçons. C’est le 2ème qui a été entrevu à Ghabagheb le 8 à 10 heures du matin précédé par une avant-garde de 100 hommes à pieds en 2 échelons. Ils ont marché sans arrêt de Kénaker au Leja sans recevoir avant leur arrivée un coup de fusil.
Les isolés ont pénétré à Motbine pour y piller de la nourriture.
Le village de Djebab s’est barricadé pour ne pas recevoir les Druzes.
Un premier tronçon aurait eu pour chef Fadallah el Atrach et Mohamed Nakhlah de Soueida.
Le deuxième, Abdel Latif el Atrach, Assaz King de Mejdel Chems, Hassig Bey de Hasbaya.
Le groupe entré par Chaara s’est dirigé sur El Taf.
D’après leur conversation avec les isolés rencontrés en chemin il y avait des gens de 15 villages de L’Hermon dont Mejdel Chems, Mokata, Békassem, Adar, Sehita, Aïn Charra, Aïn Konia, Kollat, Djendal, etc. … le refus d’un secours demandé au Djebel a motivé la décision de se réfugier au Leja, à Chara, Kureim, Djedel puis au Djebel.
D’après eux 500 cavaliers et 100 chameaux devaient faciliter leur passage.
Les pertes druzes dépassent certainement 40 morts laissés sur le terrain, 800 moutons, 100 bœufs, 4 chameaux, 15 juments, une quinzaine de fusils, de nombreux ânes, important matériel soit abandonné soit pris de force (couchage et vivres).
Deux jeunes filles faites prisonnières ont été relâchées par les bédouins. 7 femmes et 1 enfant sont morts, ou ont été tués dans la nuit.
Un cheikh notable de Mejdel Chems a été identifié pour être venu au Leja en 1925 mais son nom reste inconnu.
Particularités : son fusil, qui a été pris, est allemand, monté sur le fût d’un fusil turc.
Un feu a brûlé dans la nuit vers Ghaara probablement signe de ralliement pour les égarés.
DJEBEL DRUZE – Le 7 avril Hassan Bey et certains notables d’Aéré auraient reçu des lettres de Sultan les invitant à venir le rejoindre dans le Leja. Tous ont refusé de répondre à cet appel et plusieurs ont quitté la localité par crainte des représailles. La plupart des Druzes d’Aéré sont en train d’expédier leur mobilier dans l’Est. Les 2 villages d’Aéré et Mejeimer auraient cependant l’intention de se soumettre et attendraient le départ des colonnes pour le faire.
Le 8 avril dans la matinée, deux grandes automobiles venant d’Amman sont passés dans le Nord d’Aéré. Elles contenaient 9 voyageurs dont quelques-uns portaient des chapeaux à l’européenne.
Sultan serait actuellement à Ahiré du Nord.
Un chrétien venant de Anz signale que Hussein Pacha a reçu les 5 et 7 avril des lettres de Sultan l’invitant à se rendre dans le Leja avec ses villageois en vue d’une attaque des Druzes contre le village de Khabab. Personne ne serait parti. Hussein Pacha aurait en outre adressé des lettres aux notables d’Aman, Imtan, Mélah, Gharié et Salkhad les avisant que très prochainement les colonnes françaises allaient entrer au Djebel et que l’intérêt de tous les Druzes était de se grouper dans leur village respectif dans le but de se soumettre en bloc au gouvernement.
NOTA – cette information émanant d’un chrétien de Anz protégé par conséquent d’Hussein Pacha pourrait être considérée comme plus ou moins tendancieuses si ce dernier n’avait écrit dernièrement à l’officier du S.R. pour protester de ses bonnes intentions et fait ressortir la nécessité de sa présence au Djebel pour faire de la propagande en faveur du gouvernement.
Même source – Les Druzes du Makran-sud d’ordinaire très belliqueux ne font plus étalage de leur courage. Ils semblent avoir conscience du danger imminent qui les menace et paraissent très abattus.
En général tous les Druzes qui ont beaucoup de choses à se reprocher à l’égard du gouvernement expédient leur mobilier dans les villages de Anak, Mégayer et Kherbet Aouad. Ils ont choisi de préférences ces localités de la frontière sud de façon à prendre rapidement le désert dans le cas ou l’aman[1] ne leur serait pas accordé.
Les villageois de Anz, Mechkouk et Gharié avec leurs chers respectifs Hussein Pacha, Selim Hadjali et Faïez Faraj ont l’intention de se soumettre au gouvernement une fois que les colonnes françaises seront en marche.
Oum er Rouman et Gharié auraient envoyé le 7 dans le Leja, le premier 20 bandits, le deuxième 18.
La famille Faïez Faraj mise en demeure d’envoyer comme les autres des bandits dans le Leja aurait refusé, mais elle a dû payer d’autres bandits pour les remplacer.
Signé : le chef du S.R. colonne – E. Coustillière

[1] aman : est un terme arabe utilisé pour désigner la garantie donnée à un adversaire qui se soumet d'avoir la vie sauve, d'être pardonné
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Le 22 avril le colonel Andréa entame les opérations de reconquête de Soueida. Après 3 jours d’âpres combats, la ville est soumise.
Après quoi les soumissions des villages avoisinants se multiplient.
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28 avril 1926 –
Bulletin de renseignements N° 85 – correspondance 493/GD
Pendant
les journées du 26 et du 27 avril, aucun contact n’a pu être repris avec les
Druzes qui fuyaient de toutes parts. (L’aviation a signalé des bandes de
blessés se traînant sur les routes de la montagne).
Les
émissaires envoyés ne sont pas rentrés, sauf un, retour de Selim
où il a trouvé rassemblés les habitants de Atil, Oualgha,
avec leurs familles.
Il
semble que les bandits se soient retirés à l’Est et au Sud.
Le 28
au matin, un homme de Selim s’est présenté devant les lignes, apportant des
lettres des notables de Selim, Oualgha et Sejen. Il a été renvoyé avec mission d’avertir ces
notables que les demandes de soumission ne seraient examinées que lorsque les
villageois enverraient leurs cheikhs munis des pleins pouvoirs de la totalité
des habitants du village.
Comme
l’émissaire précédent, cet homme raconte que les pertes druzes sont très
importantes, le chiffre de 100 tués devant Soueida étant
certainement très inférieur à la réalité.
D’après
S.R. Ezraa, le seul village de Nejran aurait eu 13
tués et 7 blessés graves et les combattants racontaient en revenant que dans
leur seul secteur ils auraient compté 60 Druzes tués.
D’après
les renseignements parvenus de Bosra à Deraa,
Sultan et son frère, proposant une réunion à El Affiné
d’attaquer les colonnes à Soueida, auraient été insultés par une
grande partie des assistants ; néanmoins, Sultan aurait l’intention, s’il
arrive à rassembler des contingents, d’attaquer Soueida le 29
avril.
Le 28
avril, un convoi de ravitaillement fortement escorté a quitté Soueida
pour Ghazalé, sans incident.
D’après
un renseignement reçu à midi, les Druzes seraient très divisés sur le point de
savoir la conduite à tenir. Mooteb et
Abdelghaffar auraient eu une discussion à la réunion de El Affiné,
le second estimant qu’il fallait se soumettre ou quitter le Djebel plutôt que
de saigner encore à blanc les Druzes dont les pertes atteindraient pour les
journées du 24 et 25 un total de 1.000 individus hors de combat. (Ce chiffre de
1.000 indiqué de deux sources druzes différentes peut être au-dessous de la
réalité).
La
réunion s’est terminée sans qu’une décision ferme ait été prise.
Matin
et soir des petits groupes tirent sur Soueida, où un lieutenant
de la Légion étrangère a été tué le 28 au matin. Ce sont sans doute des gens de Soueida qui
veulent venger leurs 65 morts.
L’aviation
a signalé que la piste d’Ezraa à Soueida a été
dégagée et réparée par les habitants jusqu’à hauteur de Sejen-Nezraa.
Le Leja
est complètement évacué par les Druzes.
Obdi
Bey Amer, partisan druze du groupe Turki Bey Amer, blessé à la tête le 25 avril
devant Soueida, est mort le 28 au matin. Il avait reçu la Croix
de guerre le 26 et a été enterré en présence d’officiers français.
Le
groupe des partisans druzes (56) commandé par le lieutenant Bonnet, assisté du
lieutenant Boule, a eu une bonne attitude le 25 avril et la moitié environ une
brillante attitude, pénétrant dans Soueida, à la suite des
officiers précités en tête de la colonne principale, dès 12h15.
Signé : Le chef du S.R.
colonne E. Coustillière
