Bulletins renseignements juin 1926
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8 juin 1926 – bulletin de renseignements N° 99 – correspondance N° 13/T/C
I - Seid (Saïd ?) el Atrach est passé le 6 juin après-midi (17h) au sud de Mechkouk. Il a demandé aux habitants de cette localité quelle allait être leur conduite désormais. Les habitants de Mechkouk ayant répondu qu’ils s’étaient soumis au gouvernement, Seid déclara : « je sors aujourd’hui même d’une réunion de chefs au cours de laquelle nous avons décidé de constituer une bande de cavaliers et de piétons rétribués pour aller attaquer la colonne à Oum er Rouman ». De l’avis de l’informateur, les chefs Torchan (Atrach) chercheraient à constituer un détachement qui pourrait former leur garde contre les bédouins du Sud, lorsque, voyant qu’il n’y a plus rien à faire au Djebel, ils se réfugieront en Transjordanie.
Toutes les familles des cheikhs dissidents Atrach se trouvent au Tell Bast (tell arrondi en pain de sucre légèrement accentué, situé à 2 heures au sud de Mechkouk et à 3/4 d’heure à l’est de Chéniré).
Depuis les affaires de Soueida les Druzes n’osent plus s’attaquer aux colonnes que de loin – cela à la suite du grave échec et des grosses pertes subis devant Soueida et Aéré – ils tirailleront de loin sur une colonne qui passe, mais n’oseront plus s’approcher.
Les familles dissidentes de Salkhad et d’Orman, ainsi que de nombreux bandits se trouvent à la ruine de Qaara, 3/4 d’heure sud-ouest de Anat.
Hassan Bey et Sayah el Hammoud sont avec leurs familles à Tell Youssef à 1/2 heure à l’est d’Anat.
Les habitants d’Imtam avec leurs familles se trouvent au village en ruines de Ghrabi, sud-est d’Imtan, à 1h15 (sur, la carte : Garra).
Les habitants de Melah et leurs familles se trouvent dans les ruines de Ghasmi (Khazine, sur la carte) et les cuvettes du plateau de Kloul, situé à l’est de Melah.
Le tell de Riffai est également occupé par des familles de Salkhad.
II – D’après les chrétiens d’Orman, la moitié du village serait disposé à faire sa soumission, mais dans l’ensemble les gens de Orman, Imtan, Melah qui ont pris une part très active à l’insurrection redouteraient de sévères sanctions et paraitraient disposés à continuer la lutte.
Ces villages sont complètement évacués. Sayah el Hammoud et Mooteb el Atrach sont venus le 5 les inciter à résister encore.
III – La population de Salkhad rentre très lentement. Il lui est imposé, comme à celle de Soueida, de livrer au retour un fusil par homme valide.
La population de Mechkouk rentre dans son village. Bekaa a commencé à engager des pourparlers pour sa soumission.L’artillerie de 120 bombarde Orman et Nout.
Renseignements du 6 juin 1926
Les habitants d’Imtan ont évacué leur village depuis le jour où les avions sont venus bombarder (1er juin).
Ali bey, Salamé Bey et Jaber ben Saïd, qui restent attachés à la France, mais qui n’osent pas venir par crainte des rebelles, sont réfugiés avec une partie du village à Oum el Mazabel (tell à 6 km au nord-est de Anat).
Les autres habitants du village se trouvent éparpillés par famille depuis Ghrabi et au Sud, au-delà de Anat.
D’une façon générale, les habitants d’Imtan sont désireux d’en finir avec la période de désordre mais ils craignent d’une part le châtiment de l’autorité, d’autre part les menaces des cavaliers rebelles qui circulent par petits paquets.
Depuis Imtan jusqu’à Salkhad, pas d’animation. L’informateur n’a vu personne. Tous les villages sont évacués et la population est réfugiée dans les tells et les ruines du Sud et de l’Est.
Renseignements – source Fahed Bey el Atrach
Rachid Talih se trouve aujourd’hui à El Housia. Il est en train de recruter des gendarmes à 8 (ou 3 ?) livres par mois. Chaabandar se trouverait aujourd’hui à El Azrack. Il aurait l’intention de se rendre à Amman.
Sayah el Hammoud et Mooteb avec 200 à 300 cavaliers et fantassins, ont pris hier la direction d’Oum er Rouman. Ils auraient l’intention de se rendre dans la région de Déraa. Zeid el Atrach, Fadlallah Nejem et Jadallah Nejem se trouvent à Imtan et doivent venir dans la région d’Oum er Rouman. Sultan lui-même doit les rejoindre.
Le cheikh de tell Chehab, Fendi Kachache est venu avec Youssef el Yssa à Imtan. Ils ont tenu une réunion avec les Druzes et ont poussé l’assistance à marcher sur Déraa.
Sultan avec ses cavalier et 200 fantassins ont l’intention de s’embusquer dans la région d’Oum er Rouman pour attaquer les soldats venant de Bosra à Salkhad.
Abdulghaffar se trouve à Ichbiké.
Signé : Le chef du S.R. de la colonne E. Coustillière

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Salkhad, 9 juin 1926 – bulletin de renseignements N° 100
I– Fadallah Atrach s’est rendu à Anz avec une centaine d’hommes aussitôt après le passage de la colonne d’escorte du convoi. Il l’aurait avisé qu’il s’y installerait pour attaquer la colonne à son retour et causer sa ruine par le bombardement.
Les bandits ont confisqué deux chevaux appartenant à Hussein Pacha el Atrach dont la maison avait déjà été brûlée par eux le 3 juin, et enlevé le fusil de Mezind Hajali fils du cheikh de Mechkouk.
II– le 7 juin vers 20 heures, Sultan accompagné de Husni Sakher, de Fadallah el Atrach et de 200 cavaliers et piétons est arrivé à Cheniré venant d’Imtan. La bande de Sultan est composée de gens d’Orman et surtout de gens du Makran-Est, El Houaia, etc. ………………..
A son passage à Cheniré, Sultan a demandé aux Druzes du village de lui faire parvenir des combattants à raison de 4 livres-or par homme et par mois. Personne n’aurait répondu à son appel. Sultan et ses cavaliers se montrèrent alors arrogants pour les villageois. Ils lâchèrent leurs chevaux dans les champs de blé et sur l’aire du village et auraient malmené les habitants.
Hier, 8/ courant, Sultan et ses hommes (Sultan aurait avec lui un nommé Hussein Bey, ex-officier, originaire de Palestine) quittèrent Cheniré vers 15 heures et prirent la direction de Khurbet Aouad. Il doit dit-on rencontrer Il Fendi el Hachiche chef du village de Tell Chebibe du Hauran et Youssef el Alsami d’Imtan, émissaire de Sultan et son agent de liaison avec la Transjordanie qui viennent en auto pour arrêter avec lui les conditions dans lesquelles ils marcheraient sur Deraa.
A l’entrée des troupes à Salkhad Rachid Takin circulait dans les villages en auto pour les engager à faire la « Fenaa » (se prêter assistance).
III– Emissaire rentrant d’Imtan.
Jadallah Bey el Atrach, Mooteb Bey et son frère Youssef ont quitté Bast dans la nuit du 7 au 8, ils se sont rendus avec leurs biens et familles à Deir el Kahf à 6 km au sud d’Anat. Deux avions les ont survolés et les ont bombardés. L’informateur n’a pu voir les pertes.
Deux avions ont bombardé, ce matin, Anat. Ils ont lâché 7 bombes toutes tombées dans l’aire du village. Un âne tué. Anat n’est pas évacué. Hassan Bey s’y trouve avec sa famille. La majorité des gens de Anat et des réfugiés cherchent une occasion favorable pour venir faire leur soumission. Hassan bey et la femme de Nessib Bey n’ont pas suivi les autres Atrach vers le Sud, ils veulent faire leur soumission.
Sayah el Hammoud et Zeid, frère de Sultan, auraient quitté El Hoaia ce matin, pour aller à Kréié, puis à Oum er Rouman, avec une cinquantaine de rebelles.
Nota– D’après une autre source Jadallah el Atrach serait réfugié à Tloul Rémah, etc. …
« J’ai appris que Jadallah el Atrach était réfugié à Tloul Rémah, est de’El Anat, il aurait obligé Salman fils de Nessib et la mère du petit à partir avec lui par force ;
Hassan el Atrach avec sa famille s’était réfugié dans la même région : il se serait occupé de faire faire une piste carrossable pour partir à El Azrak avec Assaad Atrach et Jadallah. »
IV– Source domestique de Hussein Pacha el Atrach.
Le 8 juin vers midi, Mooteb el Atrach, Mahmoud Kiwan, Sayah el Hammoud, Youssef et Seid el Atrach, sont arrivés à Anz avec une cinquantaine de cavaliers. Ils ont pillé 4 chameaux appartenant à Hussein Pacha et ont demandé à son fils Nayef et à ses domestiques de marcher avec eux pour faire la guerre. Grâce à l’intervention de Kassem bey et Atrach la bande s’en fut en laissant Nayef Bey, mais en le menaçant de brûler ses récoltes s’il ne les rejoint pas. Cette bande a pris la direction du Sud pour s’embusquer au passage de la colonne de Bosra.
Cette bande ayant essayé de razzier les troupeaux de Samma, de Mechkouk et de Gharié, a été repoussée par les armes par les populations de ces villages.
Nota– Jadallah et Atrach se trouvait à Banat avec ses biens et sa famille. Ogla el Kitani s’est enfui vers el Azrak et de là vers Amman.
V– Déposition d’un partisan de l’escadron.
« Le 5 juin, j’ai été envoyé porter 2 plis de la part de l’officier du S.R. de Soueida au cheikh Ali Hernnaoui de Sahouet el Belaia et aux ….(illisible – peut-être les habitants d’Afiné-voir la suite)
Passant par Sahouet, j’ai remis au cheikh Ali Hernnaoui le pli qui lui était destiné et ai continué ma route en direction d’Afiné.
Arrivé à Elra, à l’est de Sahouet, j’ai été surpris par 5 cavaliers appartenant au détachement payé par Sultan qui m’ont immédiatement désarmé et m’ont enlevé mes effets. Ayant trouvé sur moi des lettres pour Afiné, ils m’ont lié les mains et se mirent à me battre et me conduisirent devant eux jusqu’à Ichbiké pour me remettre à Abdul Ghaffar Pacha.
Ce dernier m’interrogea sur le nombre de soldats français à Soueida, me demanda si les Français pendaient vraiment les gens et se renseigna sur le sort réservé à ses neveux. Lui ayant répondu que les Français ne faisaient de mal à personne, les bandits m’administrèrent des coups mais ils ont été retenus par le Pacha.
Des hommes armés que je n’ai pu identifier m’emprisonnèrent dans une écurie et me dire qu’ils allaient m’envoyer à Oum er Rouman, chez Sultan Pacha pour être fusillé.
Dans la nuit du 6 au 7, je me suis évadé et ai pris la direction de Salkhad où je savais que les troupes se trouvaient.
En cours de route, j’ai rencontré dans la journée du 8, une trentaine de cavaliers qui partaient pour Oum er Rouman, rejoindre Sultan en passant par Nelah.
J’ai pu reconnaître parmi les hommes qui m’ont arrêté à Sahouet le nommé Nayef ben hassan el Amer, un de mes parents habitant Ichbiké. »
Signé : le chef du S.R. Colonne E. Coustillière

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Suite à la reconquête de Salkhad, le vent tourne pour les Druzes de Sultan.
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Origine : https://histoireislamique.wordpress.com
La forteresse de Salkhad
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21 juin 1926 – Bulletin de renseignements N° 102 – correspondance N° 49/T/O (Salkhad)
Les excellents effets de la colonne du Sud continuent à se faire sentir, le mouvement de soumission s’accentue ainsi que le versement des armes.
Hamzé Derwich a écrit pour déclarer qu’il était toujours ami du gouvernement français, que ses villages étaient soumis, que lui-même viendrait aussitôt que sa blessure (éclat de bombe d’avion) lui permettrait de monter à cheval, et qu’il enverrait bientôt son fils auprès du général. Il lui a été répondu en l’engageant à se rendre à discrétion, en lui promettant toutefois la vie sauve, le respect de ses biens, la sauvegarde de sa famille.
Le village de Summat el Baradan qui avait déjà versé la totalité de ses fusils, a versé, le 21, la moitié de son amende en or.
Source : Chahine Nasser de Kaissara
Le 20 juin, quand la colonne a quitté Melah une cinquantaine de cavaliers de Sultan sont arrivés dans ce village et ont tiré sur les soldats. 30 minutes après, Sultan lui-même vint à Melah avec près de 90 hommes, à pieds et à cheval. Ces hommes étaient pour la plupart des gens de Melah, d’Imtan et d’Orman. Sultan donna immédiatement l’ordre de brûler la maison de Ali Bellan (maison occupée par les S.R. au cours de la colonne) qui avait fait sa soumission. Il appela ensuite Assad Gazalé qu’il insulta, il le prit par la barbe et le renversa à terre. Le même traitement a été appliqué à tous ceux qui se sont soumis.
Un détachement de cette bande s’est rendue ensuite à Kaissama sous les ordres de Hamad, fils de Ali el Atrach de Soueida. Ces bandits ont été grossiers vis-à-vis des gens du village à qui ils ont déclaré que Sultan allait venir brûler leurs récoltes et incendier leurs maisons.
Sultan a raconté à Melah avoir reçu une lettre de Nessib el Bakri de la Ghouta, l’informant que les troupes du Djebel allaient se retirer pour se rendre à Damas. Un autre détachement de bandits s’est rendu à Orman, sous les ordres de Fadallah el Atrach.
L’informateur affirme que la soumission de Farès Bou Magdeb a produit le meilleur effet, malgré la menace des hommes de Sultan.
Hamzé Derwich lui-même a demandé aux gens de Kaissama de porter de sa part une lettre au général Andréa. Il leur a dit de vive-voix, que dès qu’il pourrait monter à cheval, il viendra se présenter, mais en attendant il enverra son fils vers les notables de Harissé, pour faire la soumission du village.
Les gens du Makran-Est, en particulier les Nassar (de Salé), les Sallam (de Tarba) et presque tous les villages de l’Est ont envoyé des émissaires à Kaissama pour se renseigner de la façon d’agir de l’autorité. Ces émissaires ont déclaré que, si, le gouvernement les rassure, ils viendront tous faire leur soumission.
La famille de Sultan et ses troupeaux se trouveraient à l’Est de El Housia, à 1 heure de marche dans le désert.
Source : notable de Summat el Baradan
Hamed Choufi est arrivé à Summat el Baradan à la suite d’une invitation que l’officier du S.R. lui avait faite en vue d’une soumission, lors de son passage dans ce village. Hamed Choufi accepta de venir se présenter. Au préalable il s’est rendu à Feden (Transjordanie) où se trouvaient de nombreuses familles de Salkhad et les a ramenées à Summat el Baradan.
Mooteb est venu à Cheniré avant-hier avec une bande de 20 Druzes. Il avait l’intention de venir à Summat razzier des troupeaux. Hamed Choufi s’y est opposé.
Toutes les familles de Salkhad sont désireuses de rentrer.
Source : notable de Gharié
Mahmoud Kiouane, chef de bande de Mayassa a fait demander à Fayez Faraj de Gharié de lui dire quelles étaient les intentions du gouvernement à son égard. Ce notable, chef des familles Kiouane des villages de Mayassa et de Saouet el Khedor désire se soumettre.
Nota : réponse lui a été envoyée qu’aucune sanction particulière n’était prévu contre lui.
Signé : le chef du S.R. colonne – E. Coustillière

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Poursuite des démarches visant à obtenir dans le Sud de Salkhad des soumissions plus nombreuses encore
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Origine : http://www.nosmilitaires.com photo Alfred Charbonnier
La popote de Salkhad
25 juin 1926 – (Salkhad) – bulletin de renseignements N° 103
A Salkhad et dans toute la région de Melah à Dibine et de Kafer à M’ghner, le calme règne. Le mouvement de soumission du Sud s’accentue et la situation se présente sous un jour très favorable. Il semble que la tentative de créer des désordres dans le Nord, tentative faite par Rachid Talih et autour de laquelle il a été fait beaucoup de bruit, soit vouée à un échec complet.
Elle n’aurait d’autre but que de rappeler les colonnes vers le Nord – comme nous l’avons exposé dans le rapport d’opérations – afin de permettre aux Atrach et autres meneurs de la révolution de souffler et de reprendre un prestige qui s’effondre.
Les événements qui se déroulent montrent que le stationnement de la colonne dans la région et surtout, un nouveau déplacement, amèneront le Makran-Sud à se soumettre en entier et complètement.
Nous aurons tout le temps de châtier le Nord pour son manque de parole, avec d’autant plus de liberté que nous avons d’abord agi envers lui avec une très grande mansuétude.
Le mouvement de soumission, disons-nous, se développe dans tout le Makran-Sud :
Le 22 juin, un représentant de la famille Kiouan qui commande aux villages de Nayamas, Saouet el Khodr et Tell el Lez, était venu demander quelles étaient les conditions de soumission. Le 23 juin, un notable de cette famille venait affirmer sa bonne volonté, assurer que les habitants réintègreraient peu à peu les villages et dire que Mahmoud Kiouan, chef de bande, se déclarait soumis et allait venir s’engager au service du gouvernement.
Dans la nuit du 24 au 25 juin, Mhamed Bey el Atrach est venu à Salkhad apporter sa soumission et celle de Nejem Bey, son frère. Ces notables de Orman ont déclaré se désolidariser de leur frère Fadallah Bey et souscrire aux conditions imposées par le gouvernement. La population est e train de se réinstaller dans son village.
Le 25 juin, les notables de Melah, des familles Gazalé et Bellan viennent rendre compte que toutes les familles du village sont rentrées et qu’ils répondent désormais de tout leur territoire.
Ils ont formé une bande de 100 hommes qui patrouillent et ont déjà chassé des bandes de rebelles qui approchaient de leurs terrains.
Le 25 juin, des notables de Kréié (village de Sultan) sont venus prendre connaissance des conditions de soumission.
Enfin, Hamzé Derwich, les Atrach de Kaissama et de El Houaia ont fait demander des laissez-passer pour franchir les lignes et venir faire leur soumission.
312 fusils ont été versés à cette date par Salkhad et le Makran-Sud : du bétail a été fourni à la garnison dont le prix servira à payer l’amende infligée aux villageois.
Tous les pronostics sont excellents, il suffit de rester dans le Makran-Sud pour que le mouvement s’étende et se complète.
L’agitation signalée dans le Nord est factice et sans danger : le Sud ne s’y intéresse aucunement puisque les soumissions sont chaque jour plus nombreuses.
C’est une manœuvre politique, ce n’est plus un mouvement susceptible de nous inquiéter et encore moins de nous gêner.
Source : informateur bénévole d’El Houaia
« Pas de bandes sur territoires des villages : Melah, Kaissama, El Houaia, Bahem et Abou Zreik. Les populations rentrent petit à petit dans ces villages. On signale, cependant, la présence à Salé, Boussan et Ichbiké, une bande forte de 200 cavaliers sous les ordres de Rachid Talih, et qui serait prête à marcher sur tous les villages soumis. Cette bande comprendrait des gens de l’Est sous les ordres de Nassar de Salé et des gens du Nord, sous les ordres de Mohamed Halabi et de Mejel Chaghine. Les gens du Nord seraient les plus nombreux et comprendraient surtout des habitants de Teima, de Chalika et de Nemré.
De temps en temps, des détachements de 40 à 50 cavaliers de cette bande font leur apparition dans la région de Harissé, de Chaaf puis repartent vers le Nord. »
Source : informateur bénévole de Chéniré
« Sayah el Hammoud et Mooteb el Atrach se trouvent à Ghrabi (Karra sur la carte). Sultan aurait convoqué plusieurs villages à une réunion à Safy el melah pour le 23 courant. Personne ne répondit à son appel. Il lança de nouvelles convocations pour le 25 à Ghasmi (Khazine, sur la carte) ».
Signé : E. Coustillière

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29 juin 1926 – (Salkhad) – bulletin de renseignements N° 104
La période du 26 au 28 a été marquée par une tentative infructueuse de Sultan et de ses satellites pour soulever le Makran-Sud ou du moins gêner le mouvement de soumission. Les bandes rassemblées au nombre de 300 à 400 hommes dans la zone Salé, El Harrissé, El Houaia, ont tenté de faire pression sur Orman, Melah, Imtan, mais n’ont obtenu aucun succès.
A Orman, la population a chassé les émissaires et leur a pris cinq juments.
A Melah, personne n’a suivi Sultan, à Imtan, pas davantage.
Le 29 les bandes ont interrompu leur voyage vers le Sud et sont remontées vers El Houaia.
Le 30 la colonne, quittant Salkhad, va marcher sur Salé et El Houaia dans l’espoir de rencontrer les bandes et de les détruire, et pour montrer aux populations que contrairement aux fausses nouvelles répandues par les révolutionnaires, les forces gouvernementales sont toujours là.
Malgré la présence des bandes, les villages de Melah, Imtan et Orman ont fait leur soumission, accepté les conditions imposées et fourni des otages.
Le 29 Nejem Bey el Atrach, M’hamed Bey el Atrach d’Orman sont venus à Salkhad se rendre au général Andréa en déclarant se désolidariser absolument de leur frère Fadallah – le chef de bande.
Le village de Sahout el Khoder a fait sa soumission et versé 18 fusils. Ainsi, grâce à la présence de la colonne dans le Makran-Sud, la tentative faite aux moyens de contingents recrutés dans le Nord a complètement échoué et il est certain à mes yeux que le mouvement de soumission va s’étendre et se développer.
Pendant cette période, il a été récupéré dans le Makran-Sud :
88 fusils – 9 livres-or – 7 Napoléons 1/2.
Des moutons et des bœufs ont été vendus par certains villages au service des subsistances, leur prix servira à payer l’amende qui leur est infligée lorsque le bétail aura été payé.
Aucun renseignement n’est parvenu du Nord pendant cette période de 4 jours.
Renseignements des émissaires
Informateur chrétien de Melah : hier dans la nuit du 25 juin vers 10 heures, 4 cavaliers sous les ordres de Ali Amer sont rentrés au village de Melah. Ils furent accueillis par les gens avec des malédictions. Toute la nuit il y eut des discussions entre les habitants et Ali Amer. Ce dernier n’ayant pu réussir à avoir le village pour lui s’est vu contraint de le quitter de bon matin.
Le nommé Ali Bellan a tiré une dizaine de coups de fusil sur ce groupe pour l’éloigner définitivement, les bandits en quittant le village l’auraient menacé de venir en force pour l’attaquer.
D’après Ali Amer des renforts se trouveraient à Harissé et Chaaf.
L’informateur dit avoir quitté le village de bon matin avant l’incendie des aires par les bandits.
Informateur bénévole : le 26 juin 1926
La bande qui a opposé un peu de résistance aux partisans lors de leur départ sur Kafer était au nombre de 40, commandés par Zeid el Atrach, Jaber Chalghuin et Mohamed Chalghuin de Mejdel.
Cette bande s’était séparée d’une autre bien plus forte qui était à Chaaf sous le commandement de Rachid Talih.
Mise en fuite par les partisans cette bande s’est rendue ensuite à l’appel des familles Barbour et Abdallah revenues de Feden, renvoyées par les autorités anglaises dans un lieu nommé Khorbat Rakis à une heure et demie au Sud d’Oum er Rouman. Profitant de la bande qui les accompagne ces familles se dirigent actuellement vers la source de Jarda située à 5 heures à l’Est de Melah.
De cette source, la bande doit revenir dans la région Sud pour se rendre dans la montagne de Jiné (près de Salé) rejoindre celle de Rachid Talih.
Informateur Hassem Hajari de Gharié : le 27 juin 1926
Deux bandes d’environ 50 cavaliers chacun circulent actuellement dans le Makran-Sud. Ces cavaliers seraient pour la plupart des gens du Nord (familles Chalghuin et Halabi). L’une des bandes sus le commandement de Sayah el Hammoud se trouve dans la région Kherbet Aouad-Méghyer. Cette bande a certainement été prise à partie par l’avion au Sud-Est de Méghyer. La 2ème bande est commandée par Mooteb : le but de ces bandes est de piller les gens soumis et d’arrêter les soumissions. Quatre drapeaux du Makran-Nord seraient actuellement en route pour le Sud, ils seraient aux environs de Salé. Hier soir des coups de feu ont été entendus venant de la direction Cheniré.
Informateur Youssef Bou Megdeb de Behem : le 28 juin 1926
« Le 26 juin, vers midi, j’arrivais à Behem. Seid el Atrach et 50 cavaliers s’y trouvaient. Contournant le village qui est complètement évacué par les habitants, j’ai pris la direction de Salé et je suis arrivé vers 18 heures. Salé est aussi complètement évacué par les habitants, seuls quelques hommes armés y gardent les récoltes. Je ne l’y suis pas arrêté longtemps. Je me suis rendu à Récheidi où j’ai des parents pour passer la nuit.
A Récheidi on me raconta que Sultan, Rachid Talih, Ali Amer et plusieurs autres chefs rebelles du Nord, se trouvaient à la tête de nombreux hommes armés, répartis à Chaaf, Harissé et El Houaia.
Un autre groupe de rebelles serait reparti dans le Djebel, à l’Est de Soueida et le Makran-Nord, sous le commandement de Mohamed Halabi et de Fadallah Pacha Huneidi.
On raconte d’autre part à Récheidi que la grande majorité du Makran-Nord a été soulevée à nouveau par Rachid Talih qui leur aurait affirmé que les Français se retiraient petit à petit du Djebel, que les aviateurs ont reçu de la S.D.N. l’ordre de ne plus bombarder les villages. A côté de cette propagande, il aurait distribué de fortes sommes en or aux chefs des villages en leur disant : « Les Français vous demandent de l’or et des armes et moi je vous en donne pour obtenir votre indépendance ».
Rachid Talih vient avec les rebelles du Nord pour tenter un nouveau soulèvement au Sud par la persuasion ou par la force et pour piller les villages soumis, dit-on.
Chaabandar serait revenu dans le Djebel depuis 3 jours, apportant de nouveaux subsides en or. »
En dépit de toutes ces nouvelles qui circulent dans l’Est, l’informateur dit avoir entendu les gens de Récheidi affirmer que la plupart des gens de l’Est n’attendent que l’arrivée des forces du gouvernement pour se soumettre. Dès que les troupes seront à Harissé, des délégations de tout l’Est viendront présenter la soumission de leurs villages. Néanmoins, il reste, dans les villages de l’Est comme dans ceux du Sud, un certain nombre de Druzes qui en « veulent encore ».
Sultan et Rachid Talih auraient pénétré dans Melah hier avec près de 400 rebelles. Ils auraient l’intention de marcher sur Orman.
La famille Bou Megdeb reste complètement soumise au gouvernement mais la présence de nombreux bandits dans leur région les empêche de venir à Salkhad. Au cours d’un rezzou fait par les rebelles sur les troupeaux d’Abou Zreik, le fils Farès Bou Megdeb aurait été blessé à la main. Les villages de Abou Megdeb (Behem, Tlilin, Abou Zreik) sont encore évacués par les familles et les troupeaux, qui ne peuvent rentrer à cause des rebelles.
Informateur Hamad Bennai d’Imtan : le 29 juin 1926
Hier 28, vers 9h30, pendant que les notables d’Imtan se trouvaient réunis afin de désigner une délégation chargée de présenter au général Andréa à Salkhad la soumission officielle de leur village, 8 cavaliers rebelles y faisaient leur entrée. Reçus à coups de feu, ces cavaliers font demi-tour, mais reviennent quelques temps après avec une dizaine d’autres. Le village ayant été alerté, ces cavaliers furent refoulés à coups de feu. Vers 10h30 de nombreux rebelles à cheval et à pieds, 400 environ, commandés par Rachid Talih et Sultan réussirent à entrer dans le village d’Imtan de vive force. Sultan rentra par la route de Melah, Hamad Bennai, accusé d’avoir engagé les pourparlers de soumission quitta Imtan par la route de Samma et vint à Salkhad, où il arriva vers 19 heures pour rendre compte de la situation.
D’après lui, Sultan aurait l’intention de marcher aujourd’hui sur les villages de Samma et Cheniré (intention abandonnée depuis).
Informateur Sayah Jebour de Samma : le 29 juin 1926
La bande qui est rentrée hier à Imtan est commandée par Sultan et Rachid Talih. Elle serait au nombre de 400 cavaliers et piétons. Accompagnaient Sultan : son frère Zeid, Sayah el Hammoud, Fadallah el Atrach d’Orman, Farès el Atrach d’Imtan, Fadallah Pacha Huneidi, Zeid et Ali Amer, Mohamed el Halabi, Sliman Nasser de Saklié, Jadallah Sallam de Tarba, Sliman Kalani de Hemré, Mohamed Charaf de Teina, Chébib Kontar de Dama (a fait sa soumission à Soueida vers le 26 mai) Hamad Azzam de Ahéré (a fait sa soumission à Soueida vers le 21 mai) et d’autres chefs rebelles.
A son entrée à Imtan, Sultan aurait mis les habitants en demeure de marcher avec lui. Ces derniers lui auraient répondu qu’ils préféraient rester chez eux pour protéger leurs biens et leurs familles. Ils lui auraient dit que depuis 12 mois qu’ils le suivent, ils ne rencontrent que la misère. Ils auraient ajouté qu’ils en ont assez et qu’ils sont avides de paix et de tranquillité pour leurs familles. Sultan leur aurait demandé de lui remettre leurs fusils au lieu de les donner à l’autorité. Les habitants auraient refusé en disant qu’ils ont besoin de leurs armes, sur quoi Sultan arait répondu « vous croyez que nous allons laisser les villages se soumettre tranquillement et vivre en paix, pour aller nous-mêmes vivre dans la misère loin du Djebel. Nous sommes décidés à nous battre jusqu’au dernier, ruiner le pays en entier s’il le faut, pour que tous les Druzes subissent le même sort : ou la liberté ou la mort. » Sultan aurait ajouté que le jour de la délivrance était proche et qu’ils n’avaient qu’à avoir confiance en lui. Ils lui répondirent qu’ils entendent cette chanson depuis un an et qu’ils n’ont plus confiance. Sultan, furieux, aurait quitté le village et se serait rendu avec sa bande à El Houaia.
Mooteb continue à se promener avec une petite bande de pillards dans la région de Cheniré, Méghyer, Kherbet Aouad.
Mooteb continue à se promener avec une petite bande de pillards dans la région de Cheniré, Méghyer, Kherbet Aouad.
D’après un informateur sérieux, le roi Abdallah aurait envoyé 100 sacs de farine aux Druzes réfugiés à El Azrak. Il encouragerait les Druzes à continuer la lutte, à piller et à aller vendre le butin en Transjordanie.
Informateur Diab el Awar venant d’Imtan : le 29 juin 1926
Je suis arrivé à Imtan vers 7h30 du soir : j’y ai rencontré une grosse bande évaluée à 500 hommes, cavaliers et piétons, commandée par Sultan, Fadallah Humaidi, Ali et Hayel Amer, Mahmoud Bou Yéhia de Chakka, Sliman Nassar de Salé, Zeid Atrach, Sayah el Hammoud, Mouhamad Halabi et rachid Talih.
J’ai appris que cette bande avait l’intention de venir à Orman pour empêcher ce village de faire sa soumission.
Cette bande sui serait payée par rachid Talih se serait dirigée vers El Houaia à 10 heures du soir.
Signé : le chef du S.R. colonne – E. Coustillière
