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Site de Jean-François Coustillière
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Rapports de renseignements - avril 1920

Témoignages > Carrière militaire- E. Coustillière-1900-1937
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Les rapports du commandant Coustillière[1]

  
La situation du caza de Tarsous en mars 1920 est calme mais les brigands ou « tchéttés  » font pression.

Mars 1920, divers brigands rôdent. Trois groupes, d’une centaine d’individus chacun, projettent d’entrer dans la ville de Tarsous  ainsi que l’indique ce compte rendu adressé au colonel Brémond , chef du contrôle administratif de Cilicie, par le commandant Coustillière gouverneur du  Caza et de la ville de Tarsous. Les Arméniens sont manifestement très  inquiets et manifestent, parfois avec agressivité leurs exigences à l’égard des autorités militaires contraintes de les rappeler à la raison. La ville est cependant calme, les Kurdes cèdent aux Arméniens pour apaiser les tensions tandis que les Grecs, peu enclins à approuver les démarches arméniennes, sont honnis sans réelle raison. S’ajoutent à cela des rumeurs d’embuscades ou d’attaques de brigands qui créent la psychose à Tarsous.
 

[1] Service historique des armées – Syrie-Liban – série 3ème versement – Personnel carton 49 COUSTILLIERE
 
 
Une rue de Tarsous en 2016
 
Photo coll. personnelle JF Coustillière
 
 

Les villages au nord de Tarsous subissent des attaques

 
Dans son rapport de renseignements du 3 avril 1920, le commandant Coustillière signale que si Tarsous est calme il n’y a plus de communication télégraphique avec Tchamalan (Camalan, 45 km au Nord de Tarsous) depuis le 2 avril. Il semblerait que les « tchéttés  »  (irréguliers turcs) se soient emparés du poste faisant prisonniers Ahmed Tchouch et deux gendarmes, les autres auraient fui dans la campagne. Le renfort de Abil Tchaouch et de six gendarmes avaient été enlevés peu avant, en revanche il avait été possible de rappeler le sous-lieutenant Adul-Rahaman, en route avec dix gendarmes vers Tchamalan, avant qu’ils n’atteignent la zone menacées.
 
Le cadi revenant de Yenidjé  (Yénice, 18 km au Nord-Est de Tarsous) a rendu compte que l’on entendait le canon dans la direction de Bozanti  (Pozanti, 80 km au Nord de Tarsous) et que la ligne de chemin de fer était coupée au nord de Yenidjé.
 
Par ailleurs, il a été appris que Bélémédik (70 km au Nord de Tarsous) et Kelebek, toutes deux sur la ligne de chemin de fer, devraient  prochainement être attaquées.
 

Une dernière information a été recueillie comme quoi les six gendarmes qui avaient échappé à l’attaque de Tchamalan ont été capturés par les « tchéttés » et deux d’entre eux sont blessés.
 
Enfin, un enfant de retour de Msidly, près de Mersine (Mezitli Ouest de Mersine), a rapporté que 25 gendarmes étaient détenus.

 
Dans une lettre au colonel Brémond, également datée du 3 avril, le commandant Coustillière fait part d’une situation qui se dégrade à Tarsous. Les actions des brigands ont glissé vers l’Est. Au demeurant si une opération devait être conduite dans le Nord de Tarsous, il conviendrait de prévoir une colonne forte avec le moins d’impedimenta, tant le terrain est montagneux et difficile. Au demeurant, le commandant Coustillière ne souhaite pas se joindre à cette opération sur le terrain car sa présence serait plus utile à Tarsous compte tenu des tensions qui peuvent encore s’accentuer. Il recommande que son adjoint M. Gras, parfaitement au fait de la situation, le remplace.
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