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Site de Jean-François Coustillière
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Conclusion

Témoignages > Carrière militaire- E. Coustillière-1900-1937
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Conclusion


La pacification du Djebel Druze est un fait accompli, l'ère des grandes opérations militaires, des puissantes colonnes, est close.  

Une nouvelle s'ouvre: celle de la répression du brigandage au moyen des colonnes légères.

Quelle est donc la situation réelle au Djebel Druze ?
Qu'on le parcoure de l'est à l'ouest, du nord au sud, on constate que les villages sont occupés par la quasi totalité de leur population, et que celle-ci est animée d'un très grand désir de paix.  Les gens qui ont tant souffert depuis un an dans leurs personnes, leurs familles, leurs biens, ont compris qu'ils avaient été abominablement trompés et ils se tournent aujourd'hui vers le gouvernement en lui demandant aide et protection contre les fauteurs de troubles.

Qui manque encore dans les villages ?
Les chefs de bandes et leurs familles et quelques gens de la plus basse classe qui, pour quelques livres-or et même seulement pour bien vivre à ne rien faire, constituent les bandes de Sultan et de ses acolytes.
Sultan, Rachid Talih, Adil Arslan et tous ceux qui avaient vendu leurs frères pour quelques milliers de livres-or ou la promesse de voir satisfaire leurs ambitions personnelles, assistent, la rage au coeur, à l'écroulement de tous leurs projets.
Poussés par quelle influence, soutenus par on ne sait quelle vague espérance, ils semblent vouloir faire durer les troubles au Djebel Druze et, de héros nationaux, se sont mués en chefs de bandits pour malmener, pressurer, dépouiller, les paisibles populations qui ne croient plus à leurs déclamations intéressées.

Il va falloir changer de méthode pour leur donner la chasse, les détruire, ou les obliger à se soumettre.
La tâche sera délicate, puisque ces gens, les Atrach dissidents et tous leurs compagnons ont mis leurs familles et leurs biens en sécurité de l'autre côté de la frontière.

El Azrak, en Transjordanie, est le refuge de tout ce qui a à redouter notre justice.  Là sont depuis longtemps, Abdulgaffer Pacha, Hassan Bey et tant d'autres avec leurs familles et tous leurs biens, ainsi que les familles de Sultan, Zeïd, Ali, Fadallah, Sayah el Hammoud, etc...  
De là partent les cavaliers rebelles qui viennent razzier les villages soumis, là aussi est vendu le butin.
El Azrak  :  Le refuge de la rebellion
Ce n'est pas une voix qui le déclare, c'est celle de tout un peuple, celle qu'on ne peut faire taire.  Tout le long de notre route, nous avons entendu les petits et les grands, les riches et les humbles nous dire: "Sultan et ses bandes succomberaient immédiatement, s'ils ne recevaient des secours de toutes sortes, de l'extérieur: de l'or, des munitions, des vivres, et surtout si leurs familles, leurs biens et les produits de leurs brigandages n'étaient accueillis à El Azrak.
Supprimez El Azrak et l'asile en Transjordanie, les derniers rebelles seront obligés de se soumettre".

Supprimer El Azrak et l'asile de l'autre côté de la frontière, tout est là en effet.
Quand le Djebel Druze se révoltait contre les Turcs, la situation était combien différente!  Au nord, pas de refuges dans les Ghauta, au sud, pas de refuges en Transjordanie, les valis et les moutessarifs turcs accourant de toutes parts à la rescousse.

Aujourd'hui, à condition de franchir une barrière fictive, tout un peuple a pu faire le vide devant nous, mettre ses biens en sûreté, subsister grâce à des secours qui lui étaient accordés comme à une population de sinistrés victimes d'un malheur public !

Si la majeure partie est revenue dans ses foyers, les principaux auteurs de la révolte qui sont en train de devenir des bandits de grand chemin, criminels de droit commun, y trouvent encore un asile inviolable, et peut-être un accueil sympathique.
C'est une situation paradoxale, pour ne pas dire intolérable et qui doit cesser à brève échéance.

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Pour ne pas rendre vains les efforts de nos bataillons, pour que le calme revienne au Djebel Druze et en Syrie, pour que la paix et la justice puisse à nouveau régner, il faut faire disparaître le camp de refuge d' El Azrak et arrêter les secours de toutes sortes qui arrivent de l'étranger par la Transjordanie, non pour les Druzes nécessiteux, mais pour l'entretien des Druzes révoltés.




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